“Mon Dieu ! Quel cauchemar*!” La France est en proie à une crise identitaire nationale. Les canicules successives, avec leurs pics de température à 44 °C et leurs bourrasques étouffantes, ont complètement ratatiné les plants d’oignon, pilier de la gastronomie tricolore. C’est la disette dans l’Hexagone.
Les récoltes s’annoncent réduites de moitié par endroits, et les étals des commerces se vident petit à petit. Exit le fond de cuisine qui apportait une touche de caractère à chaque plat, et bonjour* les recettes insipides. Et si d’autres légumes sont également touchés, c’est bien la perte de l’oignon qui s’annonce la plus douloureuse, et plongera dans le désarroi les cuistots de tout le pays.
Les premiers témoignages connus de culture de l’oignon remontent aux jardins d’Ur, en 2100 av. J.-C. Sachant que la cité sumérienne fut l’une des premières sociétés de l’humanité, voilà qui vient corroborer les observations de [la cheffe américaine] Julia Child dans son Mastering the Art of French Cooking [“L’Art de la gastronomie française”, inédit en français], publié en 1961 : “Il paraît difficile d’imaginer une civilisation sans oignons”, écrivait-elle. Mais l’oignon a beau être universel, ce sont les Français – comme l’indique le titre de son livre – qui ont fait de ce légume un trésor
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