« Guerre hybride » : l’expression est revenue en boucle dans la bouche des dirigeants européens pour condamner la tentative d’attentat au drone, début août, contre l’aéroport de Leipzig, que l’Allemagne a attribuée le 1er septembre à la Russie. « Les attaques hybrides ne resteront pas sans réponse », a notamment affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’unisson du chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, qui s’est déclaré « pleinement solidaire » de Berlin.
Si elle est indissociable de Moscou, la locution – qui désigne la combinaison de campagnes de désinformation, de cyberattaques, le recours à des mercenaires ou encore l’usage direct de la force armée – est apparue pour la première fois dans les colonnes du Monde dans d’autres circonstances.
Le 15 février 2003, l’historien américain Arno Mayer signe une tribune dans le quotidien pour analyser les conséquences du conflit en Irak dans lequel les Etats-Unis entendent entraîner des Européens divisés sur la question. « Tous les Européens, écrit-il, parce qu’ils ne connaissent que trop le coût de la guerre, devraient rappeler à Washington que les guerres transfrontalières classiques, à la façon de Clausewitz, ne sont qu’un souvenir. »
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