Une cour d’appel fédérale américaine a suspendu in extremis, mercredi 30 septembre, l’exécution de Christa Pike, dans l’Etat du Tennessee. Elle devait être la première femme mise à mort aux Etats-Unis depuis 2023 et la première dans cet Etat depuis plus de deux cents ans. L’exécution par injection létale était prévue à 10 heures (17 heures à Paris).
Dans une brève décision rendue une heure à peine avant l’exécution, la cour d’appel considère que l’« intérêt de la justice et le caractère définitif de l’exécution imminente de Mme Pike nécessitent un court sursis », dont elle ne précise pas la durée, afin d’examiner les arguments des deux parties. La cour d’appel doit trancher sur la recevabilité d’un recours de la défense visant à prendre en considération les violences sexuelles subies dans son enfance par Christa Pike, âgée aujourd’hui de 50 ans.
Le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, avait pourtant rejeté, lundi, les demandes de commutation de peine malgré les appels de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International. La Cour suprême des Etats-Unis a aussi rejeté, mardi, son ultime demande de sursis.
Diagnostic tardif
Christa Pike a été condamnée à la peine capitale pour le meurtre en 1995 de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades dans le programme de formation professionnelle Job Corps, à Knoxville, alors qu’elle-même était âgée de 18 ans, dans une affaire de rivalité amoureuse.
Ses deux complices – son petit ami de l’époque, âgé de 17 ans, et une autre jeune fille de 18 ans – ont échappé à la peine de mort. Le premier a été condamné à perpétuité et la seconde à une peine avec sursis en échange de son témoignage contre les deux autres.
Les avocats de Christa Pike ont tenté en vain de faire valoir que sa défense lors de son procès en 1996 n’avait pas invoqué les circonstances atténuantes qui auraient dû lui bénéficier, en particulier les traumatismes et les violences, notamment sexuelles, subies depuis son plus jeune âge. Elle a été diagnostiquée tardivement de trouble bipolaire et de stress post-traumatique provoqué par ces violences.
La dernière exécution d’une femme aux Etats-Unis remonte à celle d’Amber McLaughlin, 49 ans, dans le Missouri, en 2023, qui était également la première femme transgenre à être exécutée dans le pays.