L’eau s’est retirée sur plusieurs mètres, et des dizaines de poissons morts constellent la terre sèche. La première semaine d’octobre, dans le nord de la Moldavie, les images du Dniestr quasi sec inquiètent la population. Dans cette zone à la frontière avec l’Ukraine, le débit du fleuve n’atteint que 20 % de la moyenne habituelle à la même période. « C’est une catastrophe », témoigne l’écologiste Ilya Trombitsky, 72 ans, spécialiste des écosystèmes de ce cours d’eau, nommé « Nistru » en roumain. Il est à la tête d’Eco-Tiras, une organisation qui rassemble une cinquantaine d’associations ukrainiennes et moldaves du bassin fluvial, dont quelques-unes de la région séparatiste de Transnistrie.
Cela fait longtemps qu’Ilya Trombitsky et ses pairs alertent. Depuis une vingtaine d’années, ils observent la détérioration du Dniestr, avec une diminution de la qualité de l’eau, une faune et une flore se raréfiant. Mais l’été 2026 a opéré un tournant, avec un effondrement brusque des micro-habitats de nombreuses espèces de poissons.
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