Dans le vacarme des moteurs, avec l’Arc de Triomphe en toile de fond, une colonne de blindés descend fièrement les Champs-Élysées, accueillie par les vivats et les larmes de la foule en liesse. Nous sommes en août 1944, et ils viennent de libérer Paris du joug nazi.

Eux, ce sont les soldats de la Nueve, la 9e compagnie, intégrée à la célèbre 2e division blindée, souvent appelée la “Division Leclerc”, du nom du général à sa tête, Philippe Leclerc de Hauteclocque. Un rouage fondamental des forces alliées, qui, le 25 août 1944, ont reconquis la capitale française. Les premiers véhicules alliés à circuler dans les rues de Paris arborent des noms évocateurs de la guerre d’Espagne : Belchite, Èbre, Teruel, Guadalajara, Guernica… Et d’autres, plus classiques, bien que francisés, comme Don Quichotte.

“Depuis sa création à l’été 1943, jusqu’à sa dissolution en 1945, plus de 350 hommes ont servi dans les rangs de la Nueve. La moitié était des Espagnols, en majorité des réfugiés républicains qui avaient fui en France. Ils avaient pour compagnons d’armes des volontaires de douze nationalités différentes : des Français, de jeunes Nord-Africains, des Allemands antinazis, des antifascistes italiens, belges, hongrois, portugais, suisses, yougoslaves, arméniens, chiliens et brésiliens”, énumère