Chères lectrices, chers lecteurs,
Au moment d’écrire ces lignes, vendredi après-midi, impossible de savoir comment se dérouleront les manifestations prévues ce samedi, ni même si elles auront lieu. Car l’heure est aux restrictions – les couvre-feux sont reconduits dans certains secteurs de Paris, ou encore de Marseille –, voire aux interdictions. Les manifestations demandées “par des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela […] seront interdites par les préfets”, a également indiqué Emmanuel Macron, le 22 octobre, en expliquant que ce n’était “pas le moment” et que le gouvernement voulait “un retour au calme”. En clair, cela signifie que seules les manifestations organisées par les syndicats seront autorisées – encore que, à Tulle, le préfet a interdit une manifestation à l’appel d’un syndicat. Elles se verront proposer des “itinéraires alternatifs” afin de protéger les centres-villes et les commerces.
L’objectif ? Ne pas laisser se répéter le fiasco du week-end des 17 et 18 octobre, qui a laissé les Français sidérés par les violences et les incendies en marge des manifestations dans de nombreuses villes. Les Français, mais pas seulement. La presse étrangère, qui a observé, abasourdie, écœurée, les scènes de chaos et de pillage, constate que la stratégie du maintien de l’ordre ne fonctionne plus. Elle parle d’échec sécuritaire du gouvernement. Mais s’interroge aussi sur le possible calcul politique derrière le désordre.
On pourrait se dire, à la lecture de ces commentaires, que la critique est facile. Après tout, la police italienne, confrontée elle aussi à des manifestations entachées de violences, fait-elle mieux ? Les manifestants espagnols sont-ils plus pacifiques ? Les professeurs chinois mieux considérés ? C’est à ces questions que nous avons voulu répondre cette semaine avec notre nouveau format “Ici et ailleurs”, qui se propose de comparer notre pays à d’autres, avec l’aide des correspondants de la presse étrangère. En voici un petit florilège.
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“En France comme en Italie, on met un pansement sur une blessure déjà énorme”. De l’autre côté des Alpes aussi, le week-end des 17 et 18 octobre a été caractérisé par d’importants débordements, notamment de la part de jeunes manifestants. Quels points communs et quelles divergences avec ce qui se passe en France ? Danilo Ceccarelli, correspondant à Paris du quotidien turinois La Stampa, apporte des éléments de réponses.
“Une journée de lycéen en France et en Allemagne, ça n’a rien à voir”. Depuis le début du mouvement lycéen, les journées à rallonge se trouvent au cœur des doléances. Quel est l’emploi du temps dans d’autres pays, et notamment en Allemagne, où les élèves finissent à la mi-journée ? Courrier international s’est entretenu avec Annika Joeres, correspondante de l’hebdomadaire Die Zeit en France.
“À l’inverse de la situation en France, les enseignants chinois sont très respectés et plutôt bien payés”. Xu Xiaofei est le correspondant à Paris du quotidien hongkongais South China Morning Post. Il revient sur les événements qui ont secoué la France en marge de la journée de mobilisation du 17 octobre, mais aussi sur la colère des lycéens, en comparant le système éducatif français avec son équivalent chinois.
Des campements paisibles en Espagne et des émeutes en France : un “contraste frappant”. Depuis plus de trois semaines, une forte mobilisation s’organise en Espagne face à la crise du logement qui frappe le pays. Contrairement à ce qui se passe en France, ce mouvement n’a pas donné lieu à des incidents ou à des violences de grande ampleur. Comment expliquer qu’outre-Pyrénées une contestation si importante n’ait pas provoqué les mêmes débordements qu’en France ?
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