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Culture

La pop expérimentale de l'artiste franco-brésilienne Gildaa

Artiste franco-brésilienne de pop expérimentale, Gildaa construit avec son premier album GILDAA un personnage multiple, entre conteuse, chamanes et clown. Sorti en mars, ce disque au fort imaginaire spirituel vaut aujourd’hui à Gildaa d’être coup de cœur de Didier Varod (Radio France) des M

La pop expérimentale de l'artiste franco-brésilienne Gildaa
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La pop expérimentale de l'artiste franco-brésilienne Gildaa

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Artiste franco-brésilienne de pop expérimentale, Gildaa construit avec son premier album GILDAA un personnage multiple, entre conteuse, chamanes et clown. Sorti en mars, ce disque au fort imaginaire spirituel vaut aujourd’hui à Gildaa d’être coup de cœur de Didier Varod (Radio France) des Médias Francophones Publics.

La chanteuse Gildaa.
La chanteuse Gildaa. © Pierre Nativel
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À la ville, elle s’appelle Camille Constantin da Silva. Mais ici, celle qui nous intéresse, c’est son double : un prolongement fantasmatique de sa psyché musicale. Elle s’appelle Gildaa, comme un territoire de destins mêlés, cette génération de femmes qui dialoguent entre elles et qui viennent, dans un aller-retour incessant, construire et déconstruire cet autre d’elle-même. Cet « autre » a besoin, pour rester libre dans son chant, de se démultiplier à l’infini.

D’aucuns diront que cet assemblage d’identités ancestrales ressemble à une utopie lorsqu’on doit se coltiner avec le réel. Mais Gildaa a fait sa révolution musicale en prenant sa propre Bastille pour en faire précisément le chemin imparable vers l’utopie. Ce geste intérieur irrigue son premier album GILDAA, sorti en mars, qui devient aujourd’hui le centre d’un récit où la musique sert de laboratoire à cette utopie franco-brésilienne.

Gildaa, d’une certaine manière, a emprunté au continent africain le rite des griots. C’est une conteuse, une passeuse d’âmes, un peu sorcière, un peu fée. C’est l’apprentissage du clown qui a fait naître son personnage. Chants multiples, langues plurielles, on entre dans son premier album de Gildaa comme dans un boudoir spirituel, poétique et drôle à la fois.

On entre dans sa musique comme on entre aussi en religion chamanique, menée par des forces terriennes, divinité chtonienne, avec la percussion qui donne l’assise dans les chansons et sa voix qui autorise l’envol et le tutoiement des étoiles.

Oui, décidément, Gildaa s'offre en déséquilibre nourricier entre le Brésil et la France, entre ses mémoires tatouées et le futur incertain, entre ses prières païennes et ses élucubrations magiques. Dans ce balancement perpétuel, elle a tout pour plaire et elle le chante même en forme de satire sociale.

Révolutionnaire à sa manière

Gildaa est une exploratrice de l'intime et du divin. Il y a le disque et puis il y a la scène où elle excelle. Sur scène, c'est une expérience totale. Elle initie un rite à la fois physique et sensuel, redonnant surtout à la scène sa vertu d'improvisation.

Chaque concert est de fait différent, transformant le spectateur en miroir à facettes et du même coup, acteur privilégié de cette célébration d'un syncrétisme musical et spirituel brillant qui laisse chacun comme possédé par ce qu'il vient de recevoir, comme une offrande possédée et grandie. Comme étrangement sortie du confort et des habitudes que chacun a devant un spectacle. En cela, Gildaa est une révolutionnaire qui désembourgeoise le spectacle et ses spectateurs qui découvrent ainsi la vertu de devenir un élément constitutif de sa création, au même titre que les musiciens ou le décor.

Gildaa, c'est « ma doula », dit elle, ce qui signifie l'accoucheuse. Dans « Pensées diluviennes », on entend l'énorme travail de production alliée à un souci d'être tout de même accessible. Elle nous fait entrer dans ses questionnements et dans la complexité de son personnage, déplié en une multitude d'identités. Le morceau raconte bien qui est Gildaa, son personnage, ce va-et-vient subtil, entre ses voyages immobiles et ses grandes traversées du désir. La beauté sauvera le monde et le monde sauvera la beauté. Gildaa a bien raison.

C'est en cherchant la virtuosité et en la capturant autant qu'elle la captive, qu'elle a réussi à faire de ce premier album une première pierre ancestrale devenue objet de désir futuriste qui redéfinit la singularité de notre pop française hybride, ouverte, contradictoire, poétique, sensorielle. Un grand tout qui restera la plus belle promesse de cette année.

Gildaa GILDAA (Pias) 2026

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