À Astrakhan, les transports publics diffusaient la Valse no 2 et son Ouverture festive, peut-on lire dans le média local A24. À Omsk, à Samara, à Perm et partout dans le pays, concerts, expositions et projections sont organisés cet automne pour marquer le 120e anniversaire de la naissance de Dmitri Chostakovitch, né en 1906 à Saint-Pétersbourg, alors capitale de l’Empire russe. À Guelendjik, ville sur les rives de la mer Noire, c’est un film de fiction consacré au compositeur qui, le samedi 3 octobre, fera l’ouverture du festival de cinéma Mayak, annonce le quotidien Kommersant.

Dans la presse russe, les dithyrambes se font concurrence : pour le tabloïd Argoumenty i Fakty, Chostakovitch est “considéré à juste titre comme l’un des plus grands compositeurs du XXe siècle”, “une véritable star de la musique soviétique”, selon Moskovski Komsomolets, publication de même nature. Pourtant, l’enthousiasme à son égard n’a pas toujours été unanime : “Le pouvoir soviétique l’a plus d’une fois traîné dans la boue, mais, reconnaissant son génie, a fini par le couvrir de titres et de récompenses”, rappelle le site culturel pétersbourgeois Sobaka.

“Du chaos à la place de la musique”

Virtuose contraint, Chostakovitch a vu ses œuvres censurées par le régime, mais il a aussi été instrumentalisé pa