Un dessin coloré et simpliste au style rétrofuturiste s’est invité en couverture du mensuel Scientific American de ce mois de septembre, pour exprimer une crainte grandissante : après avoir rêvé d’envoyer des satellites dans le ciel, on commence à s’inquiéter sérieusement de la prolifération de ces objets.
Le titre, “Collision en orbite”, et encore plus le sous-titre, “Les entreprises souhaitent envoyer des millions de satellites dans l’espace. Fonçons-nous vers une catastrophe spatiale ?” en disent long sur les préoccupations liées au grand nombre de satellites. Lesquels pourraient, un jour, être “près de deux millions en orbite”, révèle un long article dans les pages intérieures du magazine. Et “même si une fraction d’entre eux est lancée, cela rendrait la flotte actuelle (environ 15 000 satellites) bien maigre en comparaison”.
Avant de détailler les enjeux de la multiplication de ces objets dans l’espace, le journaliste Jonathan O’Callaghan, spécialisé dans l’actualité spatiale, rappelle ce que l’accès généralisé à Internet, même dans un bateau ou un avion, mais aussi les moyens de la guerre moderne (à l’image des drones pilotés à distance) ou encore la réponse aux catastrophes doivent au déploiement des constellations de satellites.
Le seuil est-il atteint ?
Aujourd’hui, la question qui agite les spécialistes est la suivante : combien peut-on placer de satellites en orbite basse, une zone très prisée qui se situe jusqu’à 2 000 kilomètres au-dessus de nos têtes ? Dix millions ? Cent millions ? Les conclusions des études disponibles ne convergent pas. Une chose est sûre : “dans tous les cas, avec autant de satellites, même quelques incidents isolés plongeraient le monde dans le chaos”, prévient Jonathan O’Callaghan. Et ces collisions généreront des débris, lesquels pourraient eux aussi heurter d’autres satellites… et ainsi de suite.
D’ailleurs, pour Hugh Lewis, spécialiste des débris spatiaux à l’université de Birmingham (Angleterre) interrogé par Scientific American, le seuil de déploiement serait déjà atteint. Et il n’est pas le seul à le penser. “Le nombre de satellites, de l’avis de nombreux experts, frôle déjà l’insoutenable”, explique le magazine.
Les études se multiplient pour évaluer les risques de collisions, les procédures à mettre en place pour les éviter, mais aussi pour déterminer dans quelle mesure les débris spatiaux, bien que le plus souvent désintégrés pendant leur passage dans l’atmosphère, représentent un danger quand ils chutent sur Terre.
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