Une demi-heure pour aborder, parmi les sujets les plus importants, la situation en mer Rouge et la guerre en Ukraine. C’est le temps qu’a duré la rencontre, lundi 21 septembre à New York, entre Emmanuel Macron et Donald Trump, en marge de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies.
« On a eu une très bonne discussion », a affirmé le président français à des journalistes, après l’échange qui a eu lieu dans la Trump Tower. « Elle a été très constructive, il y avait une grande disponibilité et on a pu entrer dans le détail sur ces deux conflits qui évidemment sont importants pour la paix dans le monde et pour notre sécurité, et qui ont un impact direct sur le pouvoir d’achat des Français », a poursuivi le chef de l’Etat.
Les deux dirigeants ont notamment discuté de la manière de « mieux sécuriser » les sites pétroliers en mer Rouge et « la nécessité d’aider encore plus vite et plus fort nos amis ukrainiens en termes de [missiles] intercepteurs », a expliqué M. Macron.
Avant la rencontre, le président français avait promis de parler « en toute franchise » à son homologue américain pour essayer de « l’orienter vers les bonnes décisions » s’agissant en particulier de l’Ukraine, selon son entourage. Il s’agissait notamment pour la partie française de tenter de convaincre son homologue américain de « maintenir l’effort de soutien à l’Ukraine » et de « renforcer la pression à exercer sur la Russie ».
Les Européens demandent aux Etats-Unis de rester pleinement engagés dans un règlement du conflit, avec une participation américaine aux négociations à leurs côtés et ceux de Kiev. Ils réclament également des garanties de sécurité, c’est-à-dire un engagement américain suffisamment solide pour dissuader une nouvelle attaque russe après un éventuel cessez-le-feu.
« Assouplir la relation tarifaire » avec les Etats-Unis
Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, se sont rendus pour la première fois à Kiev en septembre pour relancer la médiation américaine dans ce conflit le plus meurtrier en Europe depuis la seconde guerre mondiale. Ils étaient précédemment allés à plusieurs reprises en Russie, qui a intensifié depuis l’été ses frappes aériennes contre l’Ukraine et notamment sa capitale, Kiev. Mais plusieurs cycles de négociations tripartites n’ont dans le passé pas abouti à d’avancée concrète.
En ce qui concerne le Moyen-Orient, une source diplomatique a affirmé aux journalistes, lundi, que la France voulait « travailler avec les Américains et ses partenaires sur une résolution du Conseil de sécurité garantissant la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz », dans lequel la circulation maritime est bloquée.
Sur ce sujet, Emmanuel Macron avait déclaré, dans une interview à la chaîne de télévision Saint-Pierre-et-Miquelon La Première, vouloir bâtir une « solution de paix » pour ce passage stratégique, la « clé » pour que les marchés des carburants « se détendent ». Au mois d’avril, la Russie et la Chine avaient mis leur veto à un projet de résolution, porté par Bahrein et soutenu par les pays du Golfe et les Etats-Unis, réclamant déjà le déblocage du détroit d’Ormuz.
Dans son entretien à Saint-Pierre-et-Miquelon La Première, Emmanuel Macron avait aussi confié qu’il comptait travailler à « assouplir la relation tarifaire » avec les Etats-Unis, alors que, depuis son retour à la Maison Blanche Donald Trump a durci sa politique concernant les droits de douane.