L’industrie acéricole québécoise connaît une croissance telle que “l’approvisionnement mondial de sirop d’érable pourrait bientôt être à la merci de dame Nature”, écrit le Toronto Star dans un article publié le 20 octobre. Plusieurs facteurs entrent en jeu. La constitution de stocks par des acheteurs américains qui craignent l’instauration de barrières douanières sur le sirop d’érable et la popularité croissante du produit à l’échelle mondiale ont entraîné l’épuisement des réserves, analyse Guillaume Moreau, spécialiste de la sylviculture de l’université Laval.
Le directeur adjoint des Producteurs et productrices acéricoles du Québec confie que la totalité des stocks de la réserve stratégique, mise en place pour stabiliser les prix et amortir les effets des années de faible récolte, devrait être épuisée d’ici à la fin de février. Son industrie, précise Simon Doré-Ouellet, pourrait en faire les frais en cas de mauvaises conditions météo : “Une bonne année de production en 2027 serait bienvenue, même si nous n’avons que peu de prise là-dessus.”
Les journées de dégel suivies de nuits froides, entre la fin février et l’éclosion des bourgeons à la fin avril, constituent des conditions idéales pour la production. Radio-Canada explique : “Lorsque la température descend sous le point de congélation, le bois à l’intérieur de [l’érable] se contracte, laissant plus d’espace à l’eau. La coulée cesse et l’arbre refait le plein en aspirant l’eau du sol. Puis, c’est de nouveau le dégel et la coulée reprend.” Le goût sucré de l’eau d’érable vient en partie du sucre que l’arbre a entreposé sous forme d’amidon durant l’été.
“Politique nationale de l’érable”
L’industrie québécoise de l’érable, qui fournit 70 % du sirop d’érable consommé dans le monde et emploie 10 000 personnes, veut accélérer l’ouverture aux marchés européens, australiens et asiatiques, dans le but de réduire sa dépendance au marché américain, indique dans les pages de La Presse le président du Conseil de l’industrie de l’érable, Louis Turenne. Car sans l’acériculture, craint le président des acéricoles du Québec, Luc Goulet, “autant fermer des villages”.
Louis Turenne croit que le gouvernement québécois pourrait s’impliquer en accordant une aide financière aux producteurs. Le Globe and Mail signale que le Parti québécois, qui a pris le pouvoir en octobre, a récemment proposé d’intégrer 50 000 nouveaux hectares de forêt publique à la production de sirop d’érable. “Le parti a également indiqué qu’il envisagerait l’adoption d’une ‘politique nationale de l’érable’”, ajoute le quotidien.
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