La réaction inflammatoire est une réponse du système immunitaire aux blessures et aux infections. Les rougeurs et boursouflures autour d’une coupure, par exemple, sont un signe d’inflammation : les cellules immunitaires se précipitent sur la zone touchée pour lutter contre les bactéries et reconstituer les tissus.

Mais l’inflammation peut aussi survenir en cas de maladie, et, dans une moindre mesure, être liée à l’âge ou à l’obésité. “Ce type d’inflammation se traduit généralement par un taux élevé de cytokines dans le sang, explique Daniel Davis, directeur du département des sciences de la vie de l’Imperial College London et auteur d’un ouvrage de démystification sur le sujet. Ce sont les molécules permettant aux cellules immunitaires de communiquer entre elles.”

Notre corps contient plus de 100 variétés de cytokines, dont certaines agissent sur le cerveau.

“Les effets de la fièvre [par exemple], ne sont pas uniquement physiques, mais aussi psychiques. Certaines cytokines influencent la façon dont on se sent.”

Plusieurs études menées auprès de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde ont ainsi montré que les traitements anti-inflammatoires qui neutralisent la cytokine pouvaient également avoir des effets bénéfiques sur l’humeur. Peut-être parce que la neutralisation de ces molécules altère l’activité cérébrale, à en croire les résultats des scanners.

Une étude réalisée auprès de quelque 5 000 enfants a par ailleurs découvert que les sujets présentant une concentration de cytokine IL-6 dans le sang supérieure à la moyenne à l’âge de 9 ans, et sans aucun symptôme dépressif, étaient plus susceptibles de souffrir de dépression à 18 ans. Une autre analyse, cette fois-ci auprès d’adultes, a établi une corrélation entre le développement de maladies immunitaires et des antécédents de troubles psychiatriques, dépression et anxiété, notamment.

Pour l’heure, les scientifiques ne disposent pas de suffisamment d’éléments pour exploiter ces résultats dans une optique thérapeutique. “Plusieurs sources semblent indiquer l’existence d’un recoupement entre le fonctionnement du système immunitaire et la santé mentale, conclut Daniel Davis. Mais nous n’avons pas suffisamment tiré le sujet au clair pour savoir qui pourrait en bénéficier, ni quelle partie exacte du système immunitaire nous pourrions cibler sans risque pour améliorer la santé mentale.”