L’impasse politique dans laquelle le pays est acculé semble, en ce moment, plus critique que jamais. La corruption et le détournement de fonds publics ne sont pas de simples pratiques courantes, mais constituent de véritables programmes gouvernementaux de la transition en cours. La situation ne cesse d’empirer ; c’est dans ce climat que le Conseil électoral provisoire (CEP), une instance manifestement aux ordres du gouvernement croupion imposé au pays, s’apprête à aggraver encore les choses en convoquant des élections.
C’est ce même système corrompu, en place depuis la formation du CEP, qui perdure et décide, sans vergogne, d’utiliser une nouvelle arme de destruction massive dans la guerre menée contre Haïti : des élections factices. Pourtant, ce ne sont pas des élections que le pays attend avec impatience. Ce ne sont pas celles que réclame le peuple aujourd’hui, alors qu’aucune amélioration des conditions de vie ne pointe à l’horizon. Ce ne sont pas ces élections qui changeront la situation du pays. Si tel était le cas, le nombre de scrutins déjà organisés aurait permis au pays d’atteindre l’Eldorado. Au contraire, les élections placées sous la tutelle de l’impérialisme américain sont un cancer qui ronge le pays et engendre désordre, pauvreté et injustice.
La situation demeure grave, car aucune solution n’a été trouvée aux problèmes majeurs auxquels le pays est confronté pour tenter de briser la spirale de l’effondrement social orchestré par les puissances capitalistes. Tant que la domination impérialiste ne sera pas catégoriquement stoppée, la question de l’insécurité ne trouvera pas de réponse satisfaisante. Car tous les pions ainsi placés n’ont qu’un seul but : veiller à ce que rien ne change dans le pays. Il est évident que certains objectifs ont déjà été largement atteints. Et c’est triste de constater que des individus se prétendant engager dans la lutte pour le changement servent de mercenaires à la classe dominante au sein de ce CEP. En réalité, ils ne défendent que des causes injustes, étrangères à toute transformation du système social, et agissent à l’encontre de la volonté d’unité nationale.
Il n’est pas surprenant d’entendre l’ambassade américaine, le BINUH, l’Union européenne, l’OEA et les Nations-unies applaudir la publication du calendrier électoral. Rien de bénéfique pour le pays ne saurait réjouir ces officines ; tout ce qui est bon pour Haïti est perçu par elles comme une menace. Tant qu’on les voit heureux, c’est que ce sont leurs propres affaires qui se règlent. Ils savent pertinemment que l’objectif final servira peu les intérêts du pays ou ceux des masses populaires ; mais en Haïti, une fois l’os électoral jeté, on voit toutes sortes de chiens accourir pour le ronger. Avec de tels individus au sein de la classe politique, on ne peut espérer rien de concret pour mettre hors d’état de nuire les ennemis du peuple et faire échouer les déstabilisateurs internationaux.
Depuis cinq ans, une transition est orchestrée dans le pays et les élections constituent sa seule carte à jouer. Cette transition n’a rien d’autre à offrir. Elle ne saurait proposer d’autre dans la mesure où elle opte pour la continuité de la surenchère. Dans ce climat dominé par les scandales de toutes sortes, chaque jour qui passe rend la situation plus inextricable. En concevant ces élections annoncées, en mettant en place les dispositifs du calendrier électoral, nous ne faisons qu’aggraver la situation. Ce scrutin que la classe politique attendait avec intérêt marque un déclin médiocre. Le CEP vient d’enregistrer les groupes politiques et les opérations d’inscription des électeurs sont en cours ; l’enregistrement des candidats débutera le 20 août prochain et se terminera le 2 octobre 2026. Ce sont les mêmes valets d’antan, les mêmes marionnettes, les mêmes fossoyeurs de la Nation qui se préparent à réapparaître avec pour seul objectif de servir les intérêts des colonisateurs.
L’administration réactionnaire du président Trump cherche par tous les moyens à intimider les progressistes pour les empêcher d’affirmer leurs positions anti-impérialistes. Elle utilise l’adjectif de « terroristes » pour les effrayer. Nous, du journal Haïti Liberté, n’adhérons jamais à la logique des classes dirigeantes et de l’impérialisme américain. Nous nous opposons catégoriquement à tous les projets de ces tyrans dans le pays, car ils sont tous contraires aux intérêts des masses populaires haïtiennes déterminées à en finir avec tous les embûches semées pour le contrarier. Il est du devoir de tous les patriotes de combattre ce régime politique et de rompre avec ce système complètement décomposé qui l’entoure. Rien n’est plus urgent que de promouvoir une politique d’indépendance, de libération nationale et de transformation sociale de la société haïtienne.
Quelle serait la signification de ce scrutin annoncé ? Des manœuvres de ce genre ont déjà eu lieu par le passé. Alors que le peuple, lui, ne s’engage pas, il reste cependant indifférent et confus. Nous pouvons donc garantir qu’il s’agit d’une escroquerie de toutes sortes visant à faire croire que quelque chose pourrait s’améliorer à l’issue des élections. C’est un masque trompeur, un prétexte, un alibi pour une opération déjà bien planifiée. Ce qui signifie davantage de répression, d’injustice, d’impunité, de misère, de pauvreté, d’intensification de l’exploitation, de la perte de tous les acquis populaires, de la montée des forces réactionnaires. En d’autres termes : une crise permanente et irréversible ! L’alternative n’est pas dans les élections passées ou futures de la bourgeoisie et de son aillé inconditionnel l’impérialisme pour assurer la continuité ténébreuse. Le verdict des urnes ne résoudra rien, c’est la pire des issues d’un pays dépendant de l’emprise impérialiste!
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