LETTRE DE MALMÖ
Les 500 sacs mortuaires bordeaux ont été transportés par convoi militaire depuis les bords de la mer Baltique, chacun lesté de poids et dégageant une odeur de cadavre. Organisé début mai à Väddö, au nord de Stockholm, dans le cadre de l’entraînement national « Aurora 26 », qui a mobilisé 18 000 militaires de 13 nations, l’exercice se devait d’être aussi réaliste que possible. A la tête d’une centaine d’employés de l’Eglise luthérienne évangélique, réquisitionnés pour l’occasion, le prêtre Lars Viper assure : « C’était digne et très émouvant. »
Sur chaque housse censée contenir le corps d’un soldat tué au combat, une petite plaque au bout d’une chaîne indiquait l’identité du défunt. Dans de grandes tentes blanches, les employés de l’Eglise ont consigné les noms dans des registres. Puis, ils ont contacté l’Agence des impôts, en charge de la gestion de l’état civil pour les Suédois. Il a aussi fallu informer les ambassades des pays alliés dont les soldats faisaient partie des victimes, ainsi que le Comité international de la Croix-Rouge à Genève pour les combattants ennemis.
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