D’après le calendrier, on est bientôt en été, mais le ciel breton s’en fiche. En ce mois de juin 2023, il pèse comme un couvercle de béton brut sur Roscoff, un village dont le nom sonne comme celui d’un ministre des Affaires étrangères soviétique, et il fait 14 ° celsius.

J’avoue que je n’aurais jamais songé spontanément à passer mes vacances d’été dans l’automne permanent de la côte atlantique du nord de la France. Mais la Méditerranée, ça finissait par être ennuyeux, ma copine avait raison. Voilà pourquoi nous nous retrouvons sur le front de mer de Roscoff, vêtus de coupe-vent, à regarder des mouettes agressives s’attaquer à de paisibles touristes, parce que ceux-ci ont des frites et elles non. Le bateau qui doit nous emmener passer la journée sur l’île de Batz finit par entrer dans le port.

Nous embarquons et je frissonne dans la brise pendant les quinze bonnes minutes que dure la traversée. Il paraît qu’il y a une oasis tropicale ici, au bout de la terre – la traduction latine du nom du département du Finistère. C’est du moins ce que nous avons lu. Une fois arrivés sur l’île, nous laissons derrière nous les quelques maisons aux toits d’ardoise des îliens et serpentons au milieu d’un paysage austère jusqu’à l’entrée du jardin Georges-Delaselle.

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