En Tanzanie, la société turque Yapi Merkezi a livré en 2024 des tronçons de voie ferrée reliant la métropole de Dar Es-Salaam à la capitale, Dodoma. Quelques mois plus tard, la même entreprise a remporté le marché pour construire la ligne ferroviaire reliant la ville frontalière kényane de Malaba à la capitale ougandaise, Kampala – dans ce dernier cas, le gouvernement de Kampala avait annulé son contrat avec la société chinoise, China Harbour Engineering, en raison de retards persistants dans le financement. Ces deux exemples montrent bien, selon le South China Morning Post, comment la Turquie est devenue un concurrent sérieux de la Chine sur le créneau des infrastructures en Afrique.

Depuis les années 2000, la Chine a su développer une efficace politique économique sur le continent en offrant pour les infrastructures des financements plus flexibles et des coûts plus faibles que les entreprises occidentales. Une efficacité qu’a su aussi mettre en avant Ankara, en offrant notamment des coûts extrêmement compétitifs en matière de main-d’œuvre, souligne le titre anglophone hongkongais.

Une “troisième voie” économique

En vingt ans, le gouvernement d’Erdogan s’est plus discrètement fait une place dans la géoéconomie de l’Afrique. Si elle le doit en partie à une présence militaire acc