Pas la moindre trace des Etats-Unis. Dans cette épicerie de Montréal, que les Québécois appellent un « dépanneur », tous les produits sont fabriqués au Canada. Des pâtes à la lessive en passant par la bière, les options ne manquent pas dans ce charmant commerce décoré aux couleurs d’Halloween en cette fin octobre. Même le chewing-gum et le Coca-Cola ont été remplacés par des équivalents canadiens.
Dans l’arrière-boutique, entre les cartons, la propriétaire des lieux, Karine Martel, prépare déjà les commandes de Noël et assure que « la demande est au rendez-vous ». Porté par son succès, le magasin, baptisé « Toutes Les Choses Parfaites », a même dû pousser les murs en investissant le local voisin. Ouvert en 2021, il a connu « un véritable changement », en mars 2025, « lorsque les premiers droits de douane américains sont entrés en vigueur », deux mois après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.
En réponse à la guerre commerciale lancée par Washington, les consommateurs canadiens ont fait du boycott des produits américains, omniprésents dans les supermarchés, un acte de résistance. Loin d’un simple effet de mode, le mouvement ne montre aucun signe d’essoufflement, observe la propriétaire du magasin montréalais. « Il y a eu un réveil. Je sens beaucoup de fierté chez les consommateurs quand ils viennent ici. » Entre les rayons, Stéphanie Tanguay, une cliente fidèle, confirme cette tendance : « Par les temps qui courent, je n’achète plus américain. »
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