Le procureur général des Emirats arabes unis, Hamad Saif Al Shamsi, a déclaré que l’enquête sur le vol de Flydubai avait établi que le copilote comptait réaliser un « acte terroriste », et avait utilisé la hache de secours du cockpit pour attaquer le pilote, a rapporté, samedi 3 octobre, l’agence de presse officielle (WAM).
Selon le procureur, « le copilote avait tenté de mener un acte terroriste », avait « commencé à mettre à exécution son plan » en « agressant le commandant de bord dans le cockpit à l’aide de la hache de secours », avant de tenter « de prendre les commandes de l’avion ». Il a précisé que l’enquête se poursuivait « afin d’établir toutes les circonstances de l’incident et ses motivations ».
Mercredi, le commandant de bord indien d’un avion Flydubai qui se dirigeait vers Tel-Aviv avait été attaqué au couteau par son copilote. Mais il est parvenu à ouvrir la porte du cockpit aux passagers et aux membres d’équipage qui ont maîtrisé l’assaillant et repris le contrôle de l’appareil. Celui-ci, qui avait vertigineusement chuté pendant l’échauffourée, a pu se poser en urgence en Arabie saoudite.
Interdit de voler
Selon les chaînes Al-Arabiya, CNN et ABC ainsi que le Wall Street Journal, qui s’appuie sur une source anonyme proche de l’affaire, le copilote de Flydubai s’était vu interdire de voler par son pays d’origine, Oman, en raison de craintes qu’il ait adopté des opinions extrémistes.
Les autorités omanaises estimaient que cet homme – du nom de Hammam Al-Hammami, dont le père est omanais et la mère syrienne – avait été influencé par des groupes islamistes radicaux lors d’un séjour en Syrie. Après avoir postulé sans succès à la compagnie Emirates, il avait rejoint Flydubai, sans que l’on sache si ses antécédents ont fait l’objet d’une vérification, d’après ces mêmes médias.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a affirmé que l’assaillant avait « subi une radicalisation islamiste » et « avait l’intention de faire s’écraser l’avion avec ses passagers ». Le président américain, Donald Trump, a dit penser que l’Iran était impliqué, alors que la guerre au Moyen-Orient a été déclenchée à la fin de février par des frappes des Etats-Unis et d’Israël contre la République islamique.
Le vol dérouté transportait 174 personnes, dont 166 Israéliens et huit membres d’équipage, et les passagers avaient été rapatriés en Israël le soir même. Le président israélien, Isaac Herzog, a annoncé vouloir décerner l’une des plus hautes distinctions civiles du pays à cinq passagers israéliens s’étant illustrés par leur « responsabilité collective » pour empêcher l’avion de s’écraser.