Au-delà des drones, des puces et de l’acier, la préparation d’une guerre moderne repose également sur une fibre que l’on associe plutôt aux tee-shirts et aux draps. The Wall Street Journal s’est penché sur les fibres courtes qui restent accrochées aux graines après l’égrenage du coton. Une fois traitées à l’acide, ces fibres donnent de la nitrocellulose, ou “coton-poudre”, indispensable au tir de presque toutes les munitions contemporaines. Cette matière hautement inflammable sert de propulseur et permet notamment aux obus de 155 millimètres, particulièrement recherchés depuis le début de la guerre en Ukraine, d’atteindre plusieurs dizaines de kilomètres de portée.

Or l’Otan manque de ces fibres courtes. “On peut investir dans toutes les capacités de production qu’on veut, avertit Peter Russell, responsable des relations investisseurs chez Czechoslovak Group, groupe européen producteur d’obus de 155 mm, le vrai problème, ce sont ces composants essentiels : la nitrocellulose et le TNT en particulier”. L’Europe ne possède plus qu’une seule usine produisant du TNT, en Pologne, rappelle le quotidien économique américain.

Pour sécuriser ses stocks, l’Europe devrait plus que doubler sa production annuelle et atteindre 20 000 tonnes. Les contraintes administratives et l’extrême fragmen