Le gouvernement hongrois a annoncé, mardi 11 août, avoir déposé une plainte pénale concernant plus de 4 milliards de forints (environ 10,9 millions d’euros) dépensés sous Viktor Orban pour sa communication sur les réseaux sociaux. Cette démarche constitue l’une des initiatives les plus directes à l’encontre de l’entourage de l’ancien premier ministre nationaliste depuis l’alternance politique survenue au mois d’avril.
La plainte contre X, pour des soupçons de mauvaise gestion de fonds publics et d’abus de pouvoir, a été déposée après un examen des contrats par les services de l’actuel premier ministre, Péter Magyar, selon un communiqué du gouvernement transmis à l’Agence France-Presse (AFP).
Le cabinet dirigé à l’époque par Antal Rogan, proche collaborateur de Viktor Orban et responsable de la communication gouvernementale, avait conclu en 2022 un contrat avec Triton Communications, une société appartenant à Fanny Kaminski, présentée comme la conseillère en communication de l’ancien dirigeant.
Chargée notamment de produire photos, vidéos et rapports de suivi des réseaux sociaux, l’entreprise a reçu 4,23 milliards de forints d’argent public en quarante-quatre mois, affirme le gouvernement. Le contrat a été augmenté à quatre reprises sans modification substantielle des prestations demandées.
Le gouvernement affirme aussi, sur la base de données publiques, que ces prestations ont été facturées à un prix au moins trois fois supérieur aux tarifs du marché.
Lutte contre la corruption
Depuis sa victoire aux élections législatives d’avril, Péter Magyar, qui avait fait de la lutte contre la corruption et de la récupération des biens et fonds publics un axe majeur de sa campagne, a lancé plusieurs initiatives visant à examiner la gestion de l’Etat sous les gouvernements de Viktor Orban.
En juillet, le parquet hongrois a d’ailleurs perquisitionné des locaux du Fidesz, le parti de l’ancien premier ministre hongrois, dans le sud du pays, en raison de soupçons de corruption en lien avec l’utilisation de fonds destinés à la culture. « Le parquet de Bacs-Kiskun mène une enquête dans une affaire pénale ouverte en lien avec le Fonds national pour la culture (NKA) concernant le délit de détournement de fonds et d’autres infractions pénales », avait alors déclaré une porte-parole du parquet.
Le gouvernement de Péter Magyar a notamment créé un office de récupération et de protection des avoirs, chargé d’identifier et de récupérer des biens publics considérés comme indûment transférés sous l’ancien pouvoir.
La Hongrie, pays d’Europe centrale de 9,5 millions d’habitants, est classée, aux côtés de la Bulgarie, comme le pays le plus corrompu de l’UE par l’ONG Transparency International.