Le Parlement du Groenland a adopté, jeudi 15 octobre, à l’unanimité une proposition demandant au gouvernement d’élaborer une loi interdisant l’exploitation minière et l’exploration en eaux profondes jusqu’à fin 2029.
Le WWF Groenland a salué un « pas important dans la bonne direction », d’autant que « les connaissances scientifiques sur les conséquences potentielles de l’exploitation minière en eaux profondes pour l’environnement marin sont encore relativement limitées ».
Les habitants de ce territoire autonome danois redoutent les conséquences que pourrait avoir l’exploitation minière en haute mer sur l’environnement. La pêche constitue le pilier de l’économie du Groenland, tandis que la chasse joue un rôle crucial pour la subsistance de nombreuses communautés locales.
Mais les minerais inexploités qui seraient enfouis sous le sol et les fonds marins de la vaste île arctique – susceptibles de jouer un rôle crucial dans de nombreuses nouvelles industries technologiques et de défense – sont également perçus comme un possible tremplin vers l’indépendance du territoire vis-à-vis du Danemark, un objectif soutenu par une majorité des 57 000 habitants de l’île.
« Signal fort »
En vertu de la proposition adoptée jeudi, le gouvernement groenlandais peut prolonger le moratoire par tranches de deux ans.
« Avec cette décision, le Groenland a l’occasion d’envoyer un signal fort : la protection de l’océan, de la nature et de nos moyens de subsistance doit être prise au sérieux lorsque nous sommes confrontés à de nouvelles formes d’exploitation des ressources marines », a insisté le WWF.
Le vote de jeudi est intervenu au lendemain des déclarations du président américain, Donald Trump, qui a affirmé que l’exploitation du pétrole, du gaz et des minerais était sur le point de commencer au Groenland, sans toutefois mentionner spécifiquement l’exploitation minière en haute mer.
Le Groenland a suspendu l’octroi de tout nouveau permis d’exploration pétrolière et gazière en 2021. Aucun forage pétrolier ou gazier à l’échelle industrielle n’a été réalisé sur ce territoire, où les conditions difficiles et le manque d’infrastructures rendent les opérations complexes.
En septembre, les Etats-Unis ont signé un accord de sécurité avec le Groenland et le Danemark, après les menaces de Donald Trump de s’emparer par la force de ce territoire arctique, crucial sur le plan stratégique pour Copenhague.