Du fait du vieillissement de la population japonaise, le nombre de conducteurs seniors augmente inexorablement. Problème, cela se traduit par une hausse des accidents de la route.

Soucieux de lutter contre ce phénomène, le gouvernement japonais envisage de durcir les tests de conduite pour les conducteurs de 75 ans et plus ayant commis une infraction routière, rapporte le quotidien Nihon Keizai Shimbun, ce 3 septembre.

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Introduits en 2022, ces tests ont pour but de réduire le nombre d’accidents provoqués par les conducteurs seniors. Mais d’après un rapport de l’Agence nationale de police publié en juin, on recensait, pour les conducteurs ayant passé ce contrôle, un taux d’accident 2,8 fois plus élevé que pour ceux qui n’avaient jamais eu à s’y soumettre. Et comme le relève le journal Yomiuri Shimbun, environ 93 % des 150 000 personnes qui l’ont passé l’ont réussi, ce qui laisse penser que le test en question était bien trop facile.

Pour pallier ce dysfonctionnement, l’Agence nationale de police va y ajouter, notamment, un exercice de changement de direction, afin de vérifier que le conducteur n’appuie pas sur l’accélérateur au lieu du frein.

Les seniors incités à rendre leur permis

À titre expérimental, 147 personnes ont déjà été soumises à ce test, pour un taux de réussite s’élevant à environ 81 %. Satisfaites de ce résultat, les autorités japonaises entendent réformer les règles concernant le contrôle des conducteurs seniors en 2027.

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Si, dans l’ensemble, la mortalité routière tend à diminuer dans l’archipel – 2 547 décès en 2025 –, près de 18 % des accidents mortels ont été provoqués par des seniors de 75 ans et plus. En 2019, un homme de 87 ans avait tué deux personnes en plein cœur de Tokyo en confondant son accélérateur et son frein, soulevant un émoi national.

Les autorités appellent désormais les seniors à restituer leur permis s’ils jugent qu’ils ne sont plus capables de conduire en sécurité. En 2025, plus de 430 000 personnes ont fait ce choix, rapportait en avril le quotidien Asahi Shimbun. Cependant, hors des villes japonaises, quand les transports publics sont limités, la voiture est souvent le seul moyen de déplacement. La restitution de leur permis risque donc d’entraîner l’isolement des seniors. D’où “la nécessité de garantir les moyens de déplacement des personnes âgées”, souligne l’Agence nationale de police.