Les esprits s’échauffent devant le barrage que l’armée libanaise a installé à 700 mètres de l’entrée de Zaoutar El-Charkiyé, dans le Liban sud. Mardi 21 juillet, les forces armées libanaises (FAL) ont commencé leur déploiement dans la localité, l’une des premières zones pilotes dont l’armée israélienne – qui occupe 6 % du territoire libanais dans le sud du pays – doit se retirer, pour permettre aux FAL d’y amorcer le désarmement du Hezbollah. Il s’agit là d’un test de la mise en œuvre de l’accord-cadre signé entre Israël et le Liban, le 26 juin. De jeunes hommes, venus tôt le matin dans l’espoir de rentrer chez eux, ne comprennent pas pourquoi les FAL leur barrent l’accès.
« On demande à l’armée la permission d’aller voir nos maisons une heure puis de revenir », plaide Ali Atwi, resté calmement en retrait. Cet employé de la compagnie publique Electricité du Liban, âgé de 61 ans, a dû quitter le village agricole, comme l’ensemble de ses 4 000 habitants, au début de la guerre entre l’Etat hébreu et le Hezbollah, le 2 mars. « On sait qu’on ne peut pas y vivre. Plus de 70 % des maisons sont détruites, de même que les infrastructures d’eau, d’électricité… On veut seulement humer le parfum de notre terre », abonde Youssef Yaghi, un commerçant de 41 ans.
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