Mardi 6 octobre, dans l’amphithéâtre de l’École des hautes études en sciences sociales, à Paris, a eu lieu un événement sans précédent : l’université de Buenos Aires avait fait le déplacement pour venir remettre un doctorat honoris causa au sociologue français François Dubet, référence dans l’analyse de la vie collective et des inégalités sociales.

Ce jour-là, de nombreux établissements d’enseignement en France sont fermés, en solidarité avec le mouvement lycéen. Dehors, depuis les premiers rayons du soleil sur cette journée d’automne, des centaines d’adolescents de Paris et des banlieues convergent vers leurs lycées, armés de tambours et de banderoles. Simultanément, les forces de l’ordre déploient leur chorégraphie de contention. Concentrées aux abords des établissements dès les premières heures du jour, elles les ont soumis à leur vigilance et à leurs patrouilles.

Quel message entendent ces jeunes gens quand l’État mobilise toute sa machinerie pour les arrêter, eux qui ne mobilisent que leur corps et leur voix ? La répression devient acte de communication politique : pendant que les lycéens bloquent leurs lycées pour réclamer une éducation publique de qualité, l’État occupe les mêmes sites pour affirmer, lui, que la dissidence est maîtrisée.

Ce mouvement vient faire écho à un