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Le parti de Viktor Orban perquisitionné en raison de soupçons de corruption

En juin, six personnes, dont Balazs Bus, membre du Fidesz et ancien vice-président du Fonds national pour la culture, avaient été mises en examen pour détournement de fonds et placées en détention dans ce dossier.

Le parti de Viktor Orban perquisitionné en raison de soupçons de corruption
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Le parquet hongrois a perquisitionné des locaux du Fidesz, le parti de l’ancien premier ministre hongrois nationaliste Viktor Orban, dans le sud du pays, en raison de soupçons de corruption en lien avec l’utilisation de fonds destinés à la culture, mardi 21 juillet. « Le parquet de Bacs-Kiskun mène une enquête dans une affaire pénale ouverte en lien avec le Fonds national pour la culture (NKA) concernant le délit de détournement de fonds et d’autres infractions pénales », a déclaré une porte-parole du parquet à l’Agence France-Presse.

Plus tôt, le Fidesz avait annoncé que des perquisitions étaient en cours dans le centre de données qui héberge ses serveurs, dans un communiqué publié sur Facebook. « Des enquêteurs du parquet se sont présentés sans prévenir au centre de données qui héberge les serveurs de Fidesz, avec l’intention de saisir l’ensemble du système de communication du parti ainsi que ses bases de données », a affirmé le parti.

Il a dénoncé « une tyrannie [qui] a atteint un nouveau niveau » alors que depuis sa victoire aux législatives d’avril le premier ministre, Péter Magyar, conservateur et pro-européen, a promis de tourner la page du régime illibéral mis en place par Viktor Orban et de mettre fin à une corruption devenue endémique. « Il n’y a eu aucun précédent de ce genre en Hongrie depuis 1990 et la fin du communisme », a ajouté le Fidesz, qui a promis de ne céder « ni aux menaces politiques ni aux menaces juridiques ».

Soupçons sur l’attribution de plus de 1 000 subventions

Le mois dernier, six personnes, dont Balazs Bus, membre du Fidesz et ancien vice-président de la NKA, avaient été mises en examen pour détournement de fonds et placées en détention dans ce dossier.

Depuis les législatives, de nombreuses accusations ont surgi concernant le fonctionnement de la NKA. L’acteur Aron Molnar a ainsi publiquement affirmé qu’elle fonctionnait comme une agence de paiements gérée par l’Etat au service du premier cercle de Fidesz. Le site d’information indépendant Telex a publié des courriels dans lesquels un musicien demande, et obtient, 500 millions de forints (1,4 million d’euros) du fonds pour faire campagne en faveur du « camp national » avant les élections.

L’administration fiscale a conclu qu’il existait de sérieux soupçons que la direction de la NKA ait outrepassé ses pouvoirs lors de l’attribution de 1 079 subventions, pour un montant total de plus de 17 milliards de forints (47 millions d’euros), selon un précédent communiqué du parquet.

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Démanteler le système Orban

Depuis que Péter Magyar a délogé Viktor Orban du pouvoir que ce dernier occupait depuis seize ans, il s’est attelé à démanteler le système mis en place pour verrouiller les institutions du pays en faveur du Fidesz, par le vote en quelques semaines d’une loi anticorruption et d’une autre pour démanteler le bureau dit « de protection de la souveraineté », qui visait les voix critiques.

Par ailleurs, le nombre de mandats pour un premier ministre a été limité à deux, ce qui devrait théoriquement empêcher le retour au pouvoir de Viktor Orban. Le dirigeant de 45 ans a également approuvé une refonte des médias publics, et il y a deux semaines la télévision et la radio publiques ont vu leurs journaux télévisés retirés de l’antenne, en attendant la constitution d’une nouvelle direction de l’information « indépendante et crédible ».

Dernière réforme en date : le Parlement a voté la semaine dernière un amendement constitutionnel qui a permis d’écarter le président de la République, Tamas Sulyok, un proche de Viktor Orban. En attendant une refonte de la Constitution, l’amendement prévoit aussi de limiter à trois le nombre de mandats pour les députés, ce qui empêcherait plusieurs figures de l’opposition de se représenter en 2030.

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Le Monde avec AFP

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