Alors que des défaillances israéliennes ont permis au mouvement islamiste palestinien du Hamas d’attaquer le territoire de l’Etat hébreu le 7 octobre 2023, le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a porté de nouvelles accusations, mardi 1er septembre, contre l’encadrement militaire, lui reprochant d’avoir décidé de ne pas le réveiller le matin de cet assaut terroriste inédit par son ampleur.
« Pourquoi ne m’ont-ils pas réveillé ? Parce qu’ils savaient que moi, en tant que premier ministre d’Israël, j’aurais immédiatement ordonné de mettre toute l’armée en état d’alerte, de mobiliser toutes les villes [à la frontière avec Gaza] », a-t-il affirmé dans une interview diffusée sur Instagram. « Il est tellement évident que tout cela aurait pu être fait. Cela a été caché au public », a accusé le chef du gouvernement.
Dans le même sens, il avait reproché, lundi, aux hauts responsables militaires d’avoir pris une telle décision afin d’éviter « l’erreur de calcul » d’une escalade militaire avec le Hamas.
Lors d’une interview distincte diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Sara Nétanyahou, l’épouse du premier ministre, s’en est prise, elle, à Yaïr Golan, un ancien général qui dirige le parti Les Démocrates, formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari. M. Golan était « déjà habillé et prêt » à l’aube du 7 octobre 2023, « alors que d’autres ne savaient rien, y compris le premier ministre », a-t-elle déclaré.
Yaïr Golan avait ce jour-là décidé de son propre chef de prendre son arme pour se joindre à la riposte contre le Hamas sur le sol israélien, peu de temps après l’attaque surprise des commandos islamistes. Selon les médias, il aurait sauvé au moins six personnes du site du festival Nova, théâtre d’un massacre, qui a entraîné la mort d’au moins 370 personnes.
Yaïr Golan demande des excuses
Les propos de Sara Netanyahu ont suscité une levée de boucliers dans l’opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos « vils et mensongers ». « La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie », a ajouté le mouvement.
L’intéressé a exigé, sur son compte X, des « excuses dans les vingt-quatre heures et une indemnisation pour les survivants du [festival] Nova ».
Gadi Eisenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au premier ministre, a également fustigé, sur X, « la théorie folle et mensongère du complot de trahison », propagée selon lui par l’entourage de M. Nétanyahou pour « attiser la haine et perpétuer » son pouvoir.
Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d’une partie de la classe politique. D’après un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40 % des Israéliens et 63 % des électeurs de la coalition actuelle estiment qu’une trahison interne a conduit au massacre du 7-octobre.
L’attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1 221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l’Agence France-Presse (AFP). Ce jour-là, 251 personnes avaient été prises en otage, dont 44 déjà mortes.
L’offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73 000 morts, selon le ministère de la santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.