L’histoire de l’écriture commence par deux systèmes qui suivent deux scénarios. Les hiéroglyphes égyptiens et le cunéiforme mésopotamien sont apparus indépendamment l’un de l’autre, il y a environ 5 300 ans. Les puissances politiques de l’Égypte et de la Mésopotamie antiques ont prospéré dans les siècles qui ont suivi, entre autres parce que l’écriture a aidé les États à contrôler la circulation des marchandises et à consolider leur pouvoir. La plume (ou le stylet) s’est révélée plus forte que l’épée.

Du moins, c’est ce qui est communément admis. Sauf qu’il y a là une omission criante, car à l’aube de l’écriture il n’y avait pas deux systèmes, mais trois. Cette troisième écriture mystérieuse, le proto-élamite, est apparue en Iran quand le cunéiforme et les hiéroglyphes en étaient encore à leurs balbutiements – et il stupéfiant de voir à quel point il a été ignoré par tous, à part une poignée de spécialistes, depuis qu’il a été découvert il y a 125 ans.

Cette situation commence à changer, avec de formidables répercussions. Si le proto-élamite reste pour l’essentiel indéchiffré, certains éléments fascinants tendraient à prouver qu’il était de loin le plus sophistiqué des trois systèmes d’écriture en usage il y a près de 5 000 ans. Ce que l’on sait aujourd’hui de son histoire est s