“Les Européens doivent pouvoir réserver leurs vacances sans craindre d’être arnaqués.” C’est avec cette formule percutante que, ce mercredi 21 octobre, Henna Virkkunen, la vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la Souveraineté technologique, de la Sécurité et de la Démocratie, a fait savoir que la Commission européenne avait ouvert une enquête sur Booking.com.

L’objectif ? Comprendre “dans quelle mesure ce site de réservation d’hébergements très populaire parvient à gérer les risques de fausses annonces et de phishing”, relate depuis New York The Wall Street Journal. L’exécutif européen, poursuit le quotidien économique, “craindrait que la société ne prenne pas suffisamment de mesures pour prévenir la fraude et les escroqueries en ligne”. Mais pourquoi une telle procédure a-t-elle été lancée maintenant ?

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Comme l’explique ensuite le média américain, l’enquête de l’exécutif européen entend vérifier le respect du règlement sur les services numériques, qui est entré en vigueur en 2024. Celui-ci peut permettre à l’UE d’infliger “des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial de la société visée, si la Commission estime que celle-ci a enfreint ledit règlement”. Dans le cas spécifique de Booking.com, détaille de son côté Il Sole 24 Ore, l’UE vérifiera notamment si le site d’hébergement “a adopté des mesures efficaces contre les fausses annonces relatives à des propriétés inexistantes, contre les logements non conformes à la description et contre les fraudes à travers l’usurpation d’identité”.

“Collaborer pleinement” avec l’UE

Autre volet distinct, celui qui concerne les annonces sponsorisées à travers lesquelles les structures d’hébergement peuvent obtenir davantage de visibilité en payant des commissions plus élevées. À ce sujet, poursuit le quotidien italien, “la commission souhaite vérifier que ces insertions soient clairement reconnaissables comme publicités sur le site de Booking”.

Amplement relayée dans les médias internationaux, cette enquête sur Booking.com risque justement de constituer une mauvaise publicité pour le site de réservation, qui a donc joué la carte de la prudence. Face à la décision de la Commission, la société a fait savoir qu’elle entendait “collaborer pleinement” avec l’UE. Une façon de désamorcer immédiatement toute polémique, et, si possible, d’éviter une amende qui pourrait être très lourde.