La justice équatorienne a condamné, vendredi 28 août, l’ancien président Lenin Moreno (2017-2021) à cinq ans de prison pour corruption. Il purgera sa peine en résidence surveillée.
Il lui est reproché d’avoir perçu des pots-de-vin du groupe chinois Sinohydro en échange d’un contrat pour la construction d’une centrale hydroélectrique, alors qu’il était vice-président du socialiste Rafael Correa au moment des faits, entre 2007 et 2013. Le parquet avait requis contre lui six ans et six mois de prison.
Peu avant de connaître sa peine, l’ancien dirigeant a dit qu’il ferait appel du jugement de première instance dans le procès au cours duquel son épouse, sa fille et d’autres membres de sa famille ont été condamnés à presque trois ans de prison pour complicité.
Au total, sept personnes ont été condamnées, dont un ancien ambassadeur chinois, a rapporté, sur le réseau X, le parquet. Selon ce dernier, Lenin Moreno a participé à un réseau de corruption qui a opéré de 2009 à 2018 pour la construction de la centrale Coca Codo Sinclair.
« Pas reçu un seul centime »
Après le verdict, l’ex-président, âgé de 73 ans et en fauteuil roulant, a affirmé qu’il n’avait « pas reçu un seul centime de Sinohydro », accusée d’avoir versé des pots-de-vin pour un montant total de 76 millions de dollars (65,5 millions d’euros environ). Il dénonce une persécution politique orchestrée par Rafael Correa.
Rafael Correa a dirigé l’Equateur de 2007 à 2017. Il a aidé à faire élire à la présidence son dauphin, Lenin Moreno, mais ce dernier a ensuite opéré un virage à droite en se rapprochant des Etats-Unis et s’est brouillé avec son mentor.
M. Correa vit en Belgique depuis qu’il a quitté le pouvoir et a été condamné par contumace en 2020 à huit ans de prison pour corruption pour une affaire impliquant le géant brésilien du BTP Odebrech.