En 2011, l’année où Londres a été secouée par des émeutes et où la reprise économique était morose, une résilience remarquable de la fierté nationale britannique a été constatée par l’institut apolitique Demos. Trois sur quatre d’entre nous étaient fiers d’être citoyens britanniques et notre adoration était quasi universelle pour Shakespeare, l’“Union Jack” – le drapeau britannique –, l’armée et la livre sterling. Les Jeux olympiques organisés à Londres l’année suivante restent une sorte d’apothéose culturelle pour des millions de Britanniques.

Depuis, les choses ont bien changé ! Demos s’est de nouveau prêté à l’exercice, et les résultats publiés le 16 août donnent à réfléchir. La fierté d’être britannique s’est effondrée à 47 %. Seuls 13 % sont fiers du rôle joué par le Royaume-Uni dans le monde, et une part de plus en plus grande de la population exprime un franc dédain pour notre histoire et nos institutions. Que s’est-il passé ?

Les piliers implosent

À l’inverse de la nostalgie qui circule souvent dans les groupes Facebook, le Royaume-Uni n’a jamais été du genre à planter un drapeau dans chaque jardin, même pendant la Seconde Guerre mondiale. En plein Blitz, George Orwell observait que “seuls quelques individus minoritaires fanfaronnent, agitent le drapeau et se réclament d