Les assureurs découvrent l’ampleur des dégâts des “violentes émeutes qui ont secoué la France le week-end dernier” et estiment que les pertes pourraient atteindre 1,2 milliard d’euros, explique le Financial Times.

Les pillages et destructions de magasins, de bâtiments publics et de véhicules en marge des rassemblements pacifiques du week-end figurent “parmi les événements liés à des manifestations les plus coûteux pour le secteur de l’assurance”.

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Selon l’agence de notation Morningstar DBRS, les pertes iraient jusqu’à 1,2 milliard d’euros. De leur côté, des courtiers “estiment qu’elles pourraient dépasser le milliard d’euros”.

“Comme une catastrophe naturelle”

“Les émeutes deviennent ‘comme des catastrophes naturelles’ en France”, explique un analyste de Morningstar au quotidien économique. Chaque année, les événements violents en marge des manifestations “entraînent des dommages estimés à plusieurs centaines de millions d’euros”.

À l’issue de ce week-end, “3 000 magasins à travers le pays ont été endommagés, selon une estimation provisoire du ministre du Commerce Serge Papin”. Boulangeries, Franprix, magasins de téléphonie mobile, de vêtements et des “boutiques de luxe comme Louis Vuitton et Kenzo” ont été la cible des pilleurs.

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Depuis 2023 et le mouvement des “gilets jaunes”, les manifestations en France dégénèrent de plus en plus souvent en violences urbaines. En juin et juillet 2023, après la mort de Nahel, les émeutes avaient coûté 798 millions d’euros selon le groupement France Assureurs. Morningstar DBRS estime de son côté à 730 millions d’euros les sinistres assurés à l’époque, avec 15 600 déclarations enregistrées. Un nouveau record a été atteint en Nouvelle-Calédonie en 2024, où des violences ont coûté 1 milliard d’euros de sinistres assurés.

Assurés, mais pas contre les émeutes

Certains assureurs ont “cherché à limiter leur exposition aux troubles sociaux” et ont exclu de leurs contrats “les grèves, émeutes et mouvements populaires (GEMP)”. Selon un avocat français en droit des affaires, ces exclusions “se sont multipliées depuis le début des manifestations des gilets jaunes en 2018”.

C’est pour accompagner cette évolution que le gouvernement avait proposé une assurance obligatoire et en partie garantie par l’État pour couvrir les dommages liés aux émeutes. Aujourd’hui, il “demande l’accord de l’Union européenne”. S’il est validé par Bruxelles, ce nouveau dispositif, qui “n’a pas encore été mis en place”, ne devrait “pas s’appliquer rétroactivement aux manifestations de ce week-end”.