Le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman Al Saoud, et le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, ont souligné, mardi 15 septembre, « l’importance de garantir la liberté et la sécurité de la navigation maritime » dans les détroits d’Ormuz et de Bab Al-Mandab, lors d’une rencontre organisée au Caire, a annoncé la présidence égyptienne.
Les deux puissances régionales ont discuté de la menace que représente le contrôle par les houthistes du détroit de Bab Al-Mandab, au Yémen, une voie maritime stratégique à la fois pour l’exportation du pétrole saoudien et les flux commerciaux du canal de Suez.
Abdel Fatah Al-Sissi a par ailleurs réaffirmé le soutien de l’Egypte à l’Arabie saoudite « pour protéger sa propre sécurité et sa stabilité », toujours selon Le Caire.
Il y a quelques jours, les houthistes, soutenus par l’Iran, ont pris le contrôle de la côte ouest du Yémen, sur la mer Rouge et du détroit de Bab Al-Mandab, menaçant ainsi la circulation des pétroliers d’Arabie saoudite, l’un des premiers exportateurs mondiaux de pétrole, vers les marchés asiatiques.
En raison du blocage du détroit d’Ormuz, à l’est de l’Arabie saoudite, consécutif à la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis, le détroit de Bab Al-Mandab est devenu ces derniers mois essentiel pour permettre à la monarchie d’exporter son pétrole.
Depuis que les houthistes ont décrété un blocus naval contre le royaume en juillet, l’Arabie saoudite dépend davantage de l’Egypte pour exporter ses hydrocarbures, principalement via l’oléoduc terrestre Sumed.
Pétrole au-delà de 100 dollars
Le pétrole brut est acheminé du port saoudien de Yanbou, sur la mer Rouge, jusqu’à Aïn Soukhna, en Egypte, puis transporté par voie terrestre via cet oléoduc jusqu’au port de Sidi Kerir, sur la côte méditerranéenne orientale. Cependant, les attaques des houthistes ont contraint Riyad à fermer son oléoduc Est-Ouest, qui alimente le port de Yanbou. Ces perturbations ont propulsé les cours mondiaux du pétrole au-delà de 100 dollars.
Une perturbation du trafic maritime à hauteur de Bab Al-Mandab pourrait également entraîner de lourdes pertes pour l’Egypte, qui tire des revenus en devises étrangères essentiels des droits de passage du canal de Suez.
Les recettes générées par cette voie navigable représentent actuellement environ la moitié de ce qu’elles étaient avant que les houthistes ne commencent à attaquer des navires, en 2023, au nom de la solidarité avec les Palestiniens dans le contexte de la guerre menée par Israël à Gaza.
Le ministre des affaires étrangères égyptien, Badr Abdelatty, a déclaré la semaine dernière que les pertes subies par l’Egypte liées à la baisse de trafic dans le canal de Suez s’élevaient à 11 milliards de dollars.