Recruter, délocaliser, séduire : dans la compétition mondiale pour les meilleurs étudiants, chaque pays joue sa carte. Alors que près de 13 millions de jeunes Chinois viennent de terminer les épreuves du gaokao, l’examen d’entrée dans le supérieur, Wang Huiyao, chercheur et fondateur du think tank pékinois Centre for China and Globalization, appelle la Chine à attirer davantage d’étudiants étrangers pour rester compétitive face au déclin démographique. Il explique, dans les pages du South China Morning Post, que les cohortes d’étudiants sont de moins en moins nombreuses et que la concurrence entre pays est vive pour attirer des talents internationaux. Dans ce contexte, la Chine, si elle veut rayonner comme grande puissance et être compétitive sur le plan économique et stratégique, doit se démarquer, car “les étudiants qui intègrent les salles de classe aujourd’hui ne participent pas seulement à des échanges universitaires ; ils contribuent à bâtir les réseaux de talents qui façonneront l’économie de demain”.
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Wang Huiyao préconise une réforme immédiate avec plus d’autonomie pour les universités, des cursus multilingues, une meilleure intégration avec les étudiants locaux et des débouchés professionnels clairs après le diplôme. Il s’agit que son pays devienne “un pôle d’excellence mondial en matière d’éducation” et où les étudiants restent, s’installent et contribuent à l’économie locale.
En Australie, le rayonnement du pays ne peut pas si facilement passer par l’accueil des étudiants étrangers, puisque leur nombre est limité soit par la loi soit par un plafond de nombre de visas accordés. Pourtant, “les universités australiennes dépendent fortement des revenus générés par les étudiants internationaux”, explique The Sydney Morning Herald. La solution, bien que risquée financièrement, est l’ouverture de campus délocalisés à travers le monde et notamment en Asie. Les étudiants y seraient gagnants puisque les diplômes coûtent moins cher.
L’Inde, avec sa classe moyenne numériquement importante et sa jeunesse critique envers les institutions locales, est une destination de choix. D’ailleurs, l’université de Nouvelle-Galles-du-Sud vient d’ouvrir un campus à Bangalore, et les Premiers ministres des deux pays se sont rencontrés au début du mois de juillet 2026 dans le but de renforcer leur partenariat. Anthony Albanese, le chef du gouvernement australien, est “enthousiaste à l’égard de l’enseignement à l’étranger, ce qui lui permet d’éviter le risque politique lié à l’augmentation du nombre d’étudiants étrangers en Australie, alors que le débat sur l’immigration s’intensifie, tout en continuant de bénéficier des avantages de la diplomatie douce”.
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Entre autonomie universitaire à Pékin et campus offshore à Canberra, une même opinion se dessine : sans étudiants étrangers, pas de rayonnement.
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