Lorsqu’il pédalait sur les routes du Tour de France, l’Allemand Jan Ullrich – vainqueur de la Grande Boucle 1997 – n’espérait qu’une seule chose : avoir une chambre dans un bon hôtel avant les jours de repos. “Pendant que les autres rêvaient du maillot jaune, Ullrich, lui, ne rêvait que d’un bon lit”, constate la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ). Et pour cause : ce ne sont pas les équipes qui choisissent l’établissement où elles sont hébergées, mais l’organisateur du tour, Amaury Sport Organisation, explique le journaliste Michael Eder.

Pour l’édition 2026, environ 1 850 lits ont été réservés – un an à l’avance – pour chaque jour de course, dans des villes comme Paris ou Bordeaux, mais aussi dans des zones plus reculées, où “l’offre de chambres climatisées en hôtel cinq étoiles est plutôt clairsemée”, écrit la FAZ, qui évoque notamment les Pyrénées ou le Massif central. Cette année, la polémique a éclaté après une journée de repos dans le Cantal le 13 juillet. Plusieurs équipes se sont plaintes de leurs hôtels. Certains coureurs avaient diffusé des vidéos de l’état de leur chambre, sale ou sans climatisation. Certains avaient même décidé de dormir sur leur balcon.

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Les organisateurs affirment qu’ils répartissent les hôtels de manière équitable et que chaque équipe aurait bénéficié au bout du compte du même confort, et plus précisément “du même nombre d’étoiles”. “C’est une conception très française de l’égalité”, commente la FAZ. Mais qui ne fait pas nécessairement l’unanimité. “L’époque où l’on balayait les nuits sans sommeil et les chambres pleines de moisissures d’un haussement d’épaules en se disant que cela faisait partie de la légende du Tour est révolue”, observe le quotidien outre Rhin.

Les équipes demandent notamment des normes hôtelières minimales pour les coureurs afin d’attaquer une étape la tête et le corps reposés. Quant aux grandes équipes, raconte le quotidien, elles apportent aujourd’hui leurs propres matelas ou système de climatisation. La proposition de loger les coureurs dans des cars équipés par leur équipe a été refusée par l’organisation. Toujours au nom de cette même égalité de chances, souligne la FAZ. En attendant de trouver une solution équitable à l’ère du changement climatique et des épisodes caniculaires, écrit le journaliste, la loterie des chambres continuera. “Certains atterrissent dans des palaces, d’autres au milieu des toiles d’araignées.”

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