Les houthistes du Yémen ont accusé Ryad, mardi 22 septembre, d’avoir mené des frappes meurtrières contre un port de la mer Rouge, plusieurs jours après l’offensive qui leur a permis de consolider leur contrôle sur le détroit de Bab Al-Mandeb, stratégique pour les flux énergétiques mondiaux.
S’inquiétant d’une « instabilité économique mondiale », le G7 a exprimé son « entière solidarité » avec le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et son allié saoudien, et pressé les combattants pro-iraniens de cesser leurs attaques au Yémen et contre l’Arabie saoudite voisine.
La reprise des hostilités au Yémen, avec une offensive éclair des houthistes vers le littoral de la mer Rouge qu’ils contrôlent désormais entièrement, affecte déjà fortement l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, avec une chute du trafic dans le détroit de Bab Al-Mandab.
Ce passage reliant l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez était devenu encore plus important pour l’Arabie saoudite depuis que l’Iran perturbe fortement le trafic dans le détroit d’Ormuz de l’autre côté de la péninsule Arabique, en représailles à l’attaque israélo-américaine contre Téhéran fin février, qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient.
Ryad échoue pour l’heure à faire reculer les houthistes, malgré des bombardements quotidiens sur leurs positions au Yémen. Des frappes aériennes dans la nuit sur la ville portuaire de Moka, aux mains des houthistes depuis le 10 septembre, ont tué six civils dont deux enfants et une femme, selon ces combattants pro-iraniens qui ont aussi annoncé la mort dans d’autres bombardements sur le nord-ouest du pays d’une femme et de son enfant, ainsi que celle de neuf détenus dans une prison.
Les combats entre forces gouvernementales et houthistes ont par ailleurs fait 154 morts ces deux derniers jours, ont rapporté mardi des sources militaires dans les deux camps à l’Agence France-Presse. Les houthistes continuent, eux, à cibler le royaume saoudien, affirmant viser ses infrastructures énergétiques et militaires.
« Milices terroristes »
Les autorités saoudiennes communiquent peu sur ces attaques mais émettent régulièrement des alertes de « danger potentiel », appelant les habitants à se mettre à l’abri, comme ça a été le cas mardi dans la province de Najran. Elles annoncent parfois des interceptions, des dégâts ou des victimes. Le 15 septembre, les autorités avaient fait état d’un tir de drone vers La Mecque.
Le roi Salman a accusé mardi les houthistes, qualifiés de « milice terroriste », de cette attaque, dénonçant « une provocation envers les musulmans du monde entier ». Les combattants pro-iraniens avaient démenti toute attaque contre ce lieu saint.
La guerre au Yémen a éclaté en 2014 quand les houthistes ont pris le contrôle de la capitale Sanaa puis d’autres régions, déclenchant en 2015 une intervention militaire menée par l’Arabie saoudite. Une trêve avait été conclue en 2022 mais les combats ont repris en juillet.
Plus de 130 000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis début septembre lorsque les houthistes ont lancé une offensive dans l’ouest du pays, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, qui a dit mardi s’attendre à de nouveaux déplacements massifs ces prochains mois.
Aux Etats-Unis, au premier jour de l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump a dit penser que son pays pourrait conclure un accord avec l’Iran « juste après les élections » législatives prévues aux Etats-Unis en novembre.
Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a déclaré de son côté que son pays était « ouvert » à une rencontre avec le président iranien, Massoud Pezeshkian, en marge de l’Assemblée générale.
Donald Trump doit rencontrer en outre mardi les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe. Alliées de Washington et bombardées par l’Iran après le début de la guerre régionale, les monarchies du Golfe ont par le passé exhorté le président américain à la retenue avec l’Iran. Les gardiens de la révolution, puissante force armée de l’Iran, ont promis de leur côté d’« intensifier » leur riposte en cas d’attaque américaine.