Les houthistes du Yémen ont revendiqué, jeudi 8 octobre en fin d’après-midi, une nouvelle attaque de l’aéroport de Riyad, la troisième de la journée. « Nos forces armées ont visé l’aéroport de Riyad, ainsi que celui de Najran (Sud) et la base aérienne de Khamis Mushait à l’aide de missiles balistiques », est-il écrit dans un communiqué publié sur le compte X d’un porte-parole des combattants pro-iraniens.
A la mi-journée, ils avaient assuré avoir encore frappé l’aéroport de Riyad, après d’autres frappes, tôt jeudi, contre les aéroports de la capitale et d’Abha (Sud-Ouest), qui ont fait trois morts. Des ressortissants égyptien, algérien et soudanais ont péri et 36 autres personnes ont été blessées, certaines grièvement, selon la direction générale de l’aviation civile saoudienne, qui a également signalé des dégâts matériels.
Riyad a par ailleurs été secouée jeudi par de violentes explosions. La capitale saoudienne a assuré, par un communiqué de sa coalition militaire au Yémen, que ces attaques ne resteraient pas « impunies » et a annoncé avoir détruit en représailles « 82 cibles militaires » houthistes. Mercredi, la coalition avait rapporté avoir intercepté des missiles.
Le trafic de l’aéroport de Riyad est régulièrement perturbé depuis plusieurs jours, selon le site de suivi Flightradar24, alors que les houthistes ont prévenu les compagnies aériennes que le ciel saoudien n’était « pas sûr » – un avertissement répété jeudi.
200 000 personnes déplacées
Le conflit entre les houthistes, qui contrôlent la capitale yéménite, Sanaa, et de vastes pans du pays depuis plus d’une décennie, et le gouvernement, reconnu par la communauté internationale et soutenu par le royaume saoudien, s’est réveillé en juillet après des années d’accalmie. Depuis, plus de 200 000 personnes « ont été contraintes de quitter leur foyer », selon l’Organisation internationale pour les migrations.
En septembre, une offensive éclair des houthistes leur a permis de prendre le contrôle de l’ensemble du littoral yéménite donnant sur la mer Rouge et de renforcer leur emprise sur le stratégique détroit de Bab Al-Mandab, qui relie l’Asie à l’Europe via le canal de Suez. Les forces gouvernementales, appuyées par des avions de combat saoudiens, ont lancé une contre-offensive le week-end dernier, revendiquant « des victoires sur plusieurs fronts ».
Les houthistes ont démenti ces avancées. Des sources militaires des deux camps interrogées par l’Agence France-Presse (AFP) n’ont pas rapporté d’évolutions majeures sur le terrain. Les positions de chacun sont difficiles à déterminer de manière indépendante, dans des zones difficiles d’accès pour les journalistes.
Riyad réclame l’aide des Etats-Unis
De nouveaux affrontements dans l’ouest du Yémen ont fait au moins 62 morts mercredi, selon des sources militaires dans les deux camps, portant à plus de 330 le nombre de combattants tués depuis lundi. L’Arabie saoudite a encore bombardé dans la nuit plusieurs régions tenues par les houthistes, dont Sanaa, selon ces derniers. Eux ont attaqué une base militaire dans la zone de l’aéroport d’Aden, dans le sud du Yémen, où le gouvernement s’est replié en 2015.
L’agence de presse gouvernementale Saba a également fait état d’une frappe sur la grande ville de Taëz, tenue par les forces gouvernementales mais en partie encerclée par les houthistes, faisant cinq blessés parmi les civils.
Peinant à repousser les attaques des houthistes, en Arabie saoudite comme au Yémen, Riyad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international ces dernières semaines, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu’ici. De leur côté, la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite se sont mis d’accord pour passer « immédiatement à la mise en pratique » d’un accord de défense, signé le 7 août. Ils ont annoncé lundi leur intention de « fournir les forces et moyens militaires convenus, et de les déployer rapidement dans le royaume ».