Vidéo. Les lycées français vont-ils si mal que ça ?
“La France se trouve-t-elle dans une impasse ?” demande le quotidien italien Domani après ce que Politico Europe décrit comme une “semaine de chaos”.
Face à “la plus grande mobilisation de la jeunesse depuis des décennies”, The Guardian s’interroge : les lycées français vont-ils si mal que ça ?
La journaliste Angelique Chrisafis, correspondante du journal britannique à Paris, répond en cinq points.
Dans la presse étrangère, on relève un paradoxe.
La France est en effet l’un des pays qui dépensent le plus d’argent pour les lycées. Mais “les experts se demandent comment le gouvernement français dépense son argent et avec quels résultats”, explique Angelique Chrisafis dans The Guardian.
“La France dépense pourtant 85 milliards d’euros environ chaque année pour son système éducatif, soit plus que pour la défense, par exemple”, rapporte le journal conservateur et libéral allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.
La correspondante du quotidien londonien donne l’exemple des salaires des enseignants en milieu et en fin de carrière, qui sont plus bas qu’ailleurs.
Éric Charbonnier, un analyste de l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économiques) qui se concentre sur les questions d’éducation, explique au journal : “Les dépenses de la France pour l’enseignement secondaire [collèges et lycées] sont de 28 % supérieures à la moyenne [des pays] de l’OCDE, tandis que les dépenses pour le premier niveau de l’enseignement, soit la maternelle et l’élémentaire, sont de 11 % inférieures à la moyenne de l’OCDE.”
Ces dépenses plus élevées sont justifiées par le coût important des formations professionnelles, “qui débouchent pourtant sur un manque de reconnaissance, même en France”, précise encore la journaliste britannique.
La suite qui sera donnée à cette crise reste incertaine.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reconnu que les revendications des lycéens étaient légitimes et promis d’y répondre.
Mais Blick estime que “l’équation budgétaire ne lui permet pas de faire des chèques ou de formuler des promesses financières”.
Le tabloïd suisse relève que le projet de budget présenté fin septembre prévoyait une enveloppe stable pour l’éducation nationale, environ 60 milliards d’euros, dans un contexte de coupes budgétaires.⏤
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