Shoshana Rubli a été stupéfaite par le conseil que son thérapeute lui a donné lors de leur deuxième séance. Ce professionnel lui avait toutefois été recommandé par une connaissance et était bardé de bonnes références, alors elle a fait ce qu’il lui disait.

Elle a coupé les ponts avec sa mère.

“C’était un argument d’autorité, alors je l’ai écouté”, explique cette consultante en marketing âgée de 42 ans. Mais est-ce vraiment salvateur de briser le cœur de votre mère ?

Après des décennies à inciter les familles à mieux communiquer pour surmonter ensemble des difficultés, certains thérapeutes prônent aujourd’hui la méthode inverse : couper les ponts pour prendre soin de soi.

Les partisans de cette approche estiment qu’en conseillant à leurs patients de rompre avec un(e) proche ou conjoint(e) jugé(e) toxique ou qui ne les soutient pas, ces derniers peuvent préserver leur santé mentale et grandir sur le plan émotionnel. Les détracteurs, eux, dont bon nombre de chercheurs spécialistes de la question, jugent que cela encourage des comportements autocentrés et un aveuglement destructeur pour les familles.

Élargissement de la définition des abus

La plupart des thérapeutes reconnaissent qu’il est parfois légitime de s’éloigner d’un parent ou d’un proche, a fortiori en cas d’abus physiques