Dans un contexte de recomposition géopolitique majeure, l’Union européenne (UE) et le Canada ont amorcé un rapprochement inédit. Mercredi 16 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a envisagé de créer, pour le pays de l’érable, un statut de « premier membre associé » de l’UE, afin de bâtir un « espace commun de prospérité et de sécurité économique ». Le lendemain, le premier ministre canadien, Mark Carney, a confirmé l’intérêt d’Ottawa pour cette perspective. Ces nouvelles modalités de coopération renforcée doivent également contribuer à façonner un espace commun des connaissances et des compétences.
Les circonstances de cette nouvelle alliance invitent la communauté universitaire à renouer avec l’esprit qui a prévalu lors de la création du programme Erasmus, il y a près de quarante ans : tisser entre les peuples des liens fraternels et profonds qu’aucune fièvre nationaliste ne saurait défaire ou affaiblir. A cet égard, la première pierre du rapprochement en question doit marquer l’entrée pleine et effective du Canada dans les programmes européens de coopération pour l’enseignement supérieur et la recherche, Erasmus + et Horizon Europe.
Actuellement, le pays est associé à Erasmus + et à l’un des piliers stratégiques d’Horizon Europe. Son intégration en tant que membre de plein exercice représenterait un saut qualitatif d’importance pour les relations euro-canadiennes. En particulier, l’accueil d’étudiants européens ne se heurterait plus à la question des frais d’inscription en vigueur au Canada, tandis que les étudiants canadiens seraient, de leur côté, exemptés des frais d’inscription différenciés pratiqués dans plusieurs pays d’Europe.
Retour aux principes de l’humanisme
Dans le même temps, cette mesure concernant les échanges internationaux n’affecterait pas les mobilités étudiantes individuelles payantes, pour lesquelles le Canada est plébiscité par les étudiants français, qui le placent déjà en tête de leurs choix. Ainsi, en 2023, plus de 20 000 étudiants de l’Hexagone étaient inscrits dans des établissements canadiens à titre individuel. Il convient de faire en sorte que les cadres de coopération entre nos établissements soient à la hauteur de nos liens culturels préexistants, comme l’un des garde-fous à la progression d’idéologies nationalistes et rétrogrades.
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