Luigi Mangione, accusé du meurtre de Brian Thompson, patron du plus grand groupe américain d’assurance santé, a reconnu vendredi 14 août devant une juge fédérale lui avoir « tiré » dessus en 2024. « Le matin du 4 décembre, j’ai tiré sur [Brian] Thompson à Manhattan et il est mort », a-t-il dit, ajoutant qu’il savait que ce qu’il faisait était « illégal ».
Agé de 28 ans, il était suspecté d’avoir tué à New York le 4 décembre 2024 le PDG de UnitedHealthcare, âgé de 50 ans, pour se venger du système américain d’assurance santé. M. Mangione a admis sa culpabilité en plaidant coupable pour des faits de harcèlement portant sur la traque de sa victime.
Il connaîtra sa peine pour le versant fédéral de l’affaire le 18 décembre. Le parquet a annoncé lors d’une conférence de presse qu’il allait requérir la prison à vie. Deux autres chefs d’inculpation fédéraux passibles de la peine de mort ont été annulés par un juge plus tôt cette année.
Au niveau de l’Etat de New York, M. Mangione est par ailleurs poursuivi pour meurtre, des faits pour lesquels il avait précédemment plaidé non coupable – il encourt également la prison à vie.
Son procès doit débuter le 8 septembre, avec la sélection du jury, mais ses avocats ont annoncé aux médias vendredi qu’ils tentaient légalement de l’empêcher, arguant qu’après l’accord de plaidoyer conclu au niveau fédéral, leur client ne peut pas être jugé deux fois pour les mêmes faits.
Aux Etats-Unis, les prévenus peuvent être jugés pour un même crime à la fois au niveau de l’Etat dans lequel se sont produits les faits et au niveau fédéral. Comme c’est le cas pour M. Mangione, les charges ont alors tendance à différer. Cette affaire a profondément divisé l’opinion publique américaine, déjà très polarisée, les conservateurs emmenés par le président Donald Trump réclamant qu’un exemple soit fait.
« L’Amérique aime Luigi »
Les partisans de M. Mangione, nombreux à assister à ses comparutions devant la justice, le voient au contraire comme le pourfendeur des entreprises d’assurance santé auxquelles ils reprochent de privilégier leurs profits au détriment des soins. Vendredi, un homme a notamment crié « L’Amérique aime Luigi » alors que des proches de M. Thompson présents à l’audience quittaient les lieux dans un convoi de SUV noirs.
Après avoir pris la fuite, M. Mangione avait été arrêté à Altoona, en Pennsylvanie, le 9 décembre, à la suite d’un signalement de la part d’employés d’un restaurant McDonald’s dans lequel il se trouvait.
Il s’était rendu à New York en bus depuis Atlanta, en Géorgie, environ dix jours avant le crime, ont fait savoir les procureurs. Après avoir réservé une chambre dans une auberge de jeunesse à Manhattan en utilisant de faux papiers, il aurait effectué des repérages près de l’hôtel de la victime et du lieu de la conférence où la fusillade a eu lieu. Le crime a été filmé par des caméras de vidéosurveillance.
Après son arrestation, les agents l’ont fouillé et ont passé en revue ses effets personnels, parmi lesquels un pistolet et un silencieux. Luigi Mangione a admis devant le tribunal vendredi qu’il avait utilisé une imprimante 3D pour fabriquer une arme à feu et l’équiper d’un silencieux et d’un chargeur.