La vie de Toky, le nom d’emprunt d’un père de famille malgache de 36 ans, a pris fin mi-août sur le front ukrainien, à 8 000 kilomètres à vol d’oiseau de sa ville natale, Fort Dauphin, ancienne cité coloniale, sur la côte sud-est de Madagascar. Le pas lourd, sa grande sœur, restée au pays, quitte le petit kiosque en bois où elle fait du transfert d’argent par téléphone, pour raconter la disparition brutale de son petit frère.
Parti d’Antananarivo à la mi-juillet, le trentenaire est mort dès son premier jour sur le front, le 12 août, dans une attaque de drones qui a emporté une quinzaine de soldats, tous étrangers, dont plusieurs Malgaches. Son nom exact a circulé sur les réseaux sociaux mais sa sœur ne souhaite pas qu’il soit davantage étalé dans la presse. C’est la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine que le décès d’un Malgache enrôlé dans l’armée russe est formellement documenté.
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