Mercredi 9 septembre, sur les panneaux brandis par des manifestants dans la capitale slovène, Ljubljana, on pouvait lire “Ne touchez pas à Gaza !” et “Libérez la Palestine”, comme le montrent les images diffusées par Al-Jazeera. Plusieurs milliers de personnes étaient venues montrer leur désaccord avec l’inauguration de la première ambassade israélienne dans le pays.

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Le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar, s’était rendu sur place pour l’événement, qui marque un “changement dans la politique slovène à l’égard d’Israël”, précise The Washington Post. Tandis que “les diplomates se réjouissent, la société civile proteste”, titre pour sa part le quotidien de la capitale, Dnevnik.

“Rue de Palestine”

Les manifestants ont symboliquement rebaptisé la rue Dimiceva, où est installée l’ambassade israélienne, “rue de Palestine”, souligne l’hebdomadaire Mladina. Depuis le début des relations diplomatiques entre la Slovénie et Israël en 1992, il n’avait jamais existé d’ambassade permanente, et seuls des ambassadeurs non résidents étaient présents.

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Depuis son élection, fin mai, le Premier ministre, Janez Jansa (conservateur) – qui a déjà plusieurs fois occupé ce poste au cours des vingt dernières années – s’est rapproché d’Israël. En moins de quatre mois au pouvoir, son gouvernement a gelé la reconnaissance de la Palestine, levé l’embargo slovène sur les exportations d’armes vers Israël ainsi que l’interdiction d’importer des produits provenant des colonies israéliennes.

À la tête de la formation de droite Parti démocratique slovène, Janez Jansa a opéré une réelle rupture avec son prédécesseur de centre gauche, Robert Golob, qui avait qualifié l’offensive militaire israélienne à Gaza de génocide. Son gouvernement était “l’une des voix les plus critiques envers Israël au sein de l’Union européenne [UE]”, précise sur son site le Washington Post.

“Devenir le nouveau Viktor Orban”

La visite du ministre israélien en Slovénie est intervenue au moment où d’autres pays européens, de leur côté, prennent des sanctions contre Israël : la veille, le gouvernement travailliste du Royaume-Uni interdisait les échanges commerciaux avec les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, et “la France et le Canada ont annoncé qu’ils prendraient une mesure similaire”.

Dès le 28 août, la Slovénie avait d’ailleurs mis son veto à une déclaration commune de l’UE visant à condamner le projet israélien de construction de nouvelles colonies en Cisjordanie.

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“Sur le plan international, Jansa semble vouloir devenir le nouveau Viktor Orban, même s’il n’a pas le poids politique du dirigeant hongrois, utile à Israël en raison de son influence et de ses liens avec l’extrême droite européenne”, estime Dnevnik. Ses liens avec l’État hébreu avaient déjà été pointés du doigt lors des dernières élections législatives slovènes, en mars.

Des vidéos produites par la société privée israélienne de renseignement Black Cube avaient alors été diffusées sur les réseaux sociaux, prétendant révéler des faits de corruption impliquant plusieurs personnalités proches de l’ancienne majorité de Robert Golob. Janez Jansa a reconnu avoir rencontré un responsable de Black Cube, tout en niant avoir commandité l’opération. La justice slovène s’est saisie de l’affaire afin de déterminer s’il y a eu une ingérence étrangère dans ces élections.