Le lancement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN), dimanche 25 octobre, a suscité des réactions jusque de l’autre côte de l’Atlantique, notamment dans la presse et sur les réseaux sociaux mexicains.
En cause, une déclaration de la dirigeante d’extrême droite, qui a affirmé lors de son discours qu’elle ne laisserait pas la France “tomber dans la mexicanisation avec des cartels”, comme elle qualifie les “organisations criminelles” présentes sur le territoire français.
Stigmatisation
Le terme de “mexicanisation” employé par la candidate a été perçue comme une comparaison “stigmatisante” par une partie de la presse mexicaine. Le média indépendant Los Reporteros dénonce l’utilisation d’un pays de “plus de 130 millions d’habitants” à des fins électorales et regrette qu’il soit associé “à la violence et au déclin”, au mépris de la diversité culturelle du Mexique et au risque de “stigmatiser ses ressortissants”.
En parallèle, le même média souligne également un “double discours” dans les propos de Marine Le Pen, qui dénonce la violence tout en désignant indirectement les personnes issues de l’immigration comme responsables : “Bien que ses mots sur les cartels ne mentionnent pas les migrants de manière explicite, ils établissent un lien entre les deux problématiques. Cette association est infondée : le crime organisé ne se résume pas à la nationalité des migrants. Nombre d’entre eux en sont d’ailleurs victimes.”
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Je m’abonne“Le narcotrafic et la violence deviennent un réel problème en France et en Europe. […] Mais les associer à la ‘mexicanisation’ du pays laisse penser que la menace vient de l’extérieur, alors que la menace trouve ses racines parmi des acteurs locaux et européens.”
Un terme ancré dans le débat public français
De son côté, le quotidien mexicain Debate souligne que l’emploi du terme “comme symbole de déclin social et de criminalité” est fortement critiqué par plusieurs analystes et observateurs, notamment pour son effet stigmatisant envers le Mexique, et plus généralement envers “toute l’Amérique latine”.
Le journal rappelle par ailleurs que le terme “mexicanisation” a tendance à avoir le vent en poupe au sein de la politique française ces dernières années. Le titre rappelle que le concept “s’est imposé dans le débat public français depuis au moins deux ans”, et mentionne l’exemple du président des Républicains (LR), Bruno Retailleau, qui avait mis en garde en 2024 contre “la mexicanisation des villes comme Marseille”.
À la suite des propos de la candidate à l’Élysée, le parti présidentiel mexicain, Morena (gauche), a dénoncé sur X une “extrême droite européenne qui utilise le Mexique comme une insulte”, y voyant l’expression de “préjugés et de ses complexes colonisateurs”.
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