Mercredi 22 juillet, tout juste entré en fonctions après avoir obtenu son investiture de la part Parlement, le nouveau Premier ministre de Moldavie, Vasile Tofan, a “déclaré la guerre aux salaires éhontés et au gâchis d’argent public”, rapporte le quotidien moldave Ziarul National.
Sa décision, annoncée lors de la première réunion du gouvernement, intervient en effet alors que son prédécesseur, Alexandru Munteanu, a démissionné le 3 juillet dernier sur fond de scandale de corruption. Des proches de la famille de la présidente de la République, Maia Sandu, étaient également impliqués, et les citoyens espèrent logiquement que le futur chef de l’exécutif va faire le ménage dans le pays.
“Le public s’attend à ce que nous donnions une réponse à la question des salaires indécents. Les gens sont révoltés, à juste titre, et moi aussi”, a ainsi déclaré Tofan avant d’entamer la réunion, selon Ziarul National. Il aurait fixé le 31 juillet comme date butoir à son gouvernement pour la présentation d’une stratégie claire de plafonnement des revenus et de réduction des primes injustifiées dans le secteur public.
Un ancien entrepreneur formé à Harvard
Le jeune chef du gouvernement, 44 ans, qui a fait des études à Harvard et est titulaire de la double citoyenneté roumaine et moldave, en a offert un exemple, poursuit le quotidien :
“Les ministres devront payer de leur poche les éléments symboliques de l’identité visuelle du gouvernement (comme, par exemple, les tee-shirts promotionnels).”
Vasile Tofan est un ancien entrepreneur avec “une expérience solide dans le domaine des affaires, autant dans le pays que sur le plan international”, explique la version roumaine de Radio France internationale.
Ses mesures, déjà proposées lors de son investiture devant le Parlement, mardi 21 juillet, ont suscité l’enthousiasme des députés moldaves de son parti, le PAS (Parti action et solidarité, de centre droit, auquel appartient la présidente, Maia Sandu), majoritaires à Chisinau. Parmi elles, sans grande surprise, la numérisation du pays et le renforcement des politiques visant à attirer les investissements étrangers, car, comme l’a déclaré Tofan : “Je ne peux pas accepter que la Moldavie soit vouée à la stagnation et à l’échec.”
Le chemin vers l’Union européenne (UE) occupe visiblement toujours une place de choix dans le programme de son gouvernement. Avec notamment “un document de 150 pages intitulé ‘Économie européenne, État efficace’, écrit le webzine Europa Libera Moldova, qui prévoit même une accélération de l’adhésion à l’UE et la transformation du pays en un État favorable aux entrepreneurs”.
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