L’expatriation n’a pas grand-chose à voir avec des vacances. Cela peut sembler assez évident, et pourtant un grand nombre de personnes partent s’installer à l’étranger après un coup de cœur pour une destination lors d’un court séjour. Justement, dans The Sydney Morning Herald, un jeune expat australien raconte que vivre à Berlin n’a rien d’un city break permanent : bureaucratie, loyers, emploi et froideur sociale ternissent la carte postale. “En fait, on ne sort pas beaucoup et on n’est pas partis en vacances depuis notre arrivée, car les boissons ne sont pas aussi bon marché qu’on pourrait le croire, et l’époque où l’on pouvait s’offrir un vol pour Milan à 50 euros est révolue à cause de la flambée des prix du carburant”, est-il obligé d’expliquer à ses amis australiens que son déménagement fait rêver. Impossible d’obtenir une information administrative autrement que par voie postale (et gare aux oublis et pertes), impossible de ne pas s’inquiéter de la stagnation de l’économie et de la difficulté à trouver du travail, impossible de trouver facilement un logement bon marché alors que les loyers ont bondi de 77 % en dix ans. “Mais ce qui risque fort de vous faire vite déchanter, c’est le manque de conversation”, constate, pour finir, le jeune Australien mi-ironique mi-amer, qui argue qu’il vaut mieux être de passage à Berlin plutôt que d’y habiter.

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Dans Business Insider, une Américaine dresse un constat similaire depuis Utrecht, aux Pays-Bas, où elle s’est installée avec un visa Daft (visa réservé aux ressortissants des États-Unis). Elle conseille de ne pas faire les mêmes erreurs qu’elle et de visiter les villes avant de louer, de réserver un hôtel pour la première nuit, d’obtenir un permis de conduire international, d’emporter davantage de médicaments et de prévoir un budget pour les frais imprévus, notamment une redevance annuelle de 509 euros pour les déchets et les eaux usées. Selon elle, il faut “prévoir du temps, de l’argent et de la patience pour les moments où les choses ne se déroulent pas comme prévu”. “Tout cela fait partie du processus à la fois merveilleux et stressant qu’est un déménagement dans un nouveau pays, et je me sens très chanceuse de pouvoir le vivre”, concède la jeune femme, visiblement soucieuse de ne pas décourager de potentiels expatriés.