“Kéta interdite” : c’était une consigne tout à fait ordinaire à l’entrée des soirées, du temps de mon adolescence, dans les années 2000. Dans le même esprit que les panneaux interdisant les chiens, les jeux de ballon et les chaussures dans la maison, c’était une règle habituelle pour que la fête ne soit pas gâchée.

En toute honnêteté, j’appartenais au groupe problématique qui ne respectait pas la consigne, et ce n’était pas à cause de mon pinscher nain ou de mon amour du ping-pong tard dans la nuit.

De la drogue circulait systématiquement en soirée quand j’étais plus jeune. Dans l’Ouest londonien en particulier, quand j’avais 15 ou 16 ans, il y avait une abondance de cocaïne et de cachets, par exemple lors des fêtes organisées par les garçons de terminale dans un sous-sol aveugle ou dans une maison de ville dont l’assommante héritière était en déplacement à Davos. Alors, pourquoi mon tranquillisant de cheval posait-il problème ? Pour faire bref, la kétamine est une drogue égoïste.

Pas au sens de la cocaïne, qui nous pousse à disparaître aux toilettes et à revenir convaincu d’avoir élucidé le marché immobilier et notre relation avec notre père – deux sujets que l’on détaille alors à un inconnu piégé entre un frigo et une gazinière.

La kétamine est égoïste parce qu’à partir d’une