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Géopolitique

Négociations commerciales UE-Chine : « La Chine a intérêt à empêcher le Conseil européen d’avoir une position plus ferme »

Pour la première fois, l’ensemble des vingt-sept Etats membres affichent un déficit commercial avec la Chine, mais les discussions entamées par le commissaire européen Maros Sefcovic, lors de son séjour à Pékin, les 8 et 9 octobre, sont très loin du compte, estime l’économiste Alicia Ga

Négociations commerciales UE-Chine : « La Chine a intérêt à empêcher le Conseil européen d’avoir une position plus ferme »
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Le commissaire européen au commerce, Maros Sefcovic, est revenu de Pékin, vendredi 9 octobre, avec trois « compréhensions communes » et une phrase qui compte davantage que chacune d’elles : « Nous sommes encore loin de la fin. » En dépit du paquet de mesures convenu, les chiffres ne bougeront guère. Le déficit commercial de l’Union européenne (UE) avec la Chine en biens a atteint environ 360 milliards d’euros en 2025, contre 305 milliards en 2024, et continue de se creuser au rythme d’environ 1 milliard d’euros par jour. Les importations en provenance de Chine ont augmenté, tandis que les exportations européennes ont reculé.

Pour la première fois, tous les Etats membres de l’UE sont en déficit commercial bilatéral. Cela résulte de la compétitivité de la Chine et de ses surcapacités manufacturières. Pékin cherche des débouchés sur les marchés dotés d’un fort pouvoir d’achat et qui restent ouverts : l’Europe et non l’Amérique, encore moins le Japon ou la Corée du Sud. Attendre que la Chine se rééquilibre d’elle-même a déjà été tenté, et cela a échoué à maintes reprises.

Regardons ce qui a été réellement convenu. Le premier point des discussions communes vise à modérer les exportations chinoises de voitures hybrides et hybrides rechargeables, avec la perspective de réduire celles-ci de plus de moitié sur quatre ans. Après l’imposition, en 2024, de droits antisubventions sur les véhicules chinois électriques à batterie, les hybrides rechargeables n’y étaient pas astreints, ce qui explique l’envolée de leurs importations. A la fin de l’été, une voiture sur huit vendue dans l’UE était chinoise, et il s’agissait surtout d’hybrides. La Commission affirme que ces discussions communes pourraient laisser plusieurs millions de véhicules à l’écart du marché unique, mais ce n’est en réalité qu’un analgésique et non une solution, puisque cela ne concerne qu’un seul produit.

Lire aussi l’éditorial | Déficit commercial : face à la Chine, l’Union européenne doit réagir

Les exportations automobiles chinoises vers l’UE représentent environ 15 milliards d’euros en 2025. Et le déficit bilatéral en biens s’élève, lui, à 360 milliards d’euros. C’est sur l’automobile que le débat politique est le plus bruyant, parce que le secteur emploie des salariés qui votent. Mais la réalité est que l’Europe importe des quantités croissantes de machines, de produits chimiques, de métaux, de panneaux solaires, de batteries, etc., autant de secteurs où l’Europe était, pour la plupart d’entre eux, un exportateur de premier plan. Un accord limité aux hybrides ne peut être célébré en salle de presse, tout en laissant intact le choc chinois.

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