Rovaniemi n’a rien d’un centre de pouvoir. Pourtant, c’est la place qu’a brièvement occupée, à la mi-septembre, cette petite ville de Finlande. En effet, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, s’y trouvait, lundi 14 septembre, aux côtés de douze dirigeants du Vieux Continent, pour un sommet consacré à l’Arctique européen. A cette occasion, les Etats représentés ont signé une déclaration appelant l’Union à jouer un rôle stratégique dans la région. Le lendemain, M. Barrot était à Bodo, où il évoquait la sécurité européenne avec son homologue norvégien.
Pourquoi le chef de la diplomatie française est-il allé parler de sécurité européenne dans le nord de la Norvège, et pourquoi un pays aussi éloigné que la Grèce a-t-il signé un texte sur l’Arctique européen ? Paris s’est longtemps contenté de mener une politique arctique dont les objectifs étaient essentiellement scientifiques. Toutefois, cela ne suffit plus. C’est pourquoi Emmanuel Macron s’est rendu au Groenland, le 15 juin 2025, trois mois après le passage du vice-président des Etats-Unis, J. D. Vance, à Nuuk [capitale du territoire autonome danois], et y a proposé l’ouverture d’un consulat général.
Huit mois plus tard, c’était chose faite. Inauguré le 6 février, le consulat général de France est devenu le premier du genre établi sur l’île par un Etat membre de l’Union. Le communiqué du Quai d’Orsay, ce jour-là, se terminait par une phrase qui en disait long sur la raison d’être de cette institution : « La France rappelle son attachement au respect de l’intégrité territoriale du royaume de Danemark. » Pas un mot, en revanche, sur les visées américaines concernant le Groenland.
Nouvelle donne
En raison du réchauffement climatique, les ressources dont regorge la zone arctique deviennent plus facilement accessibles. De même, ses eaux s’ouvrent à la navigation. Face aux convoitises que suscite la région, les Etats européens prennent conscience que leur sécurité s’y joue, y compris des pays comme l’Allemagne ou l’Italie. Nous assistons à une véritable européanisation de l’Arctique.
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