Suad Hiso s’avance vers l’un des sanctuaires de son village. Au milieu des pierres ocre assombries par l’huile d’olive, des bougies à demi fondues se dressent près de la niche, déposées en offrande par les fidèles passés avant elle.

Ce sanctuaire est l’un des 19 lieux de culte nichés dans les montages de la région d’Afrine, dans le nord de la Syrie – dont les habitants racontent que leur foi y est pratiquée depuis plus de cinq mille ans.

Les Yézidis sont une minorité religieuse kurdophone originaire d’Asie occidentale, notamment de certaines régions de l’actuelle Syrie, d’Irak, de Turquie et d’Iran.

Le visage offert au soleil, Suad Hiso, 52 ans, dirige ses paumes ouvertes vers le ciel. “Oh ma sœur, oh soleil, oh soleil, déclame-t-elle, dans une prière typique. Donne-nous la force, donne-nous ta lumière, délivre-nous du mal, soigne nos maladies, protège nos enfants et les enfants du monde entier.”

Les Yézidis ne vouent pas un culte au soleil, mais l’astre est leur qibla, c’est lui qui donne la direction de la prière, explique-t-elle. La communauté vénère Dieu et les sept anges à travers lesquels il agit, à commencer par Malek Taus, l’ange paon.

“J’aime ma religion”

Afrine a longtemps abrité la plus grande communauté yézidie de Syrie. Avant le début de la guerre civile, en 2011, i