L’Union européenne (UE) a appelé, samedi 19 septembre, les Etats-Unis à reconsidérer leur refus, pour la deuxième année de suite, d’accorder des visas à des responsables palestiniens pour l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) à New York, alors que Washington a autorisé celle de l’Iran à se rendre à New York en invoquant ses obligations de pays hôte.
« A la lumière de leurs accords avec l’ONU et de leurs obligations en tant qu’Etat hôte, nous appelons les Etats-Unis à reconsidérer cette décision », a affirmé Anouar El Anouni, porte-parole du service diplomatique de l’UE. Le département d’Etat américain a annoncé, jeudi, qu’il n’accorderait pas de visas à la délégation palestinienne, dont le président Mahmoud Abbas. Seuls des représentants de la mission palestinienne à l’ONU pourront participer au rassemblement annuel, à partir de mardi.
L’Iran autorisé malgré la guerre
Le même jour, Washington a annoncé que la délégation iranienne, notamment le président Massoud Pezeshkian, pourrait se rendre à New York, malgré la guerre qui oppose les Etats-Unis à l’Iran depuis le 28 février. Le département d’Etat avait alors invoqué ses « obligations en tant que pays hôte », tout en précisant que les responsables iraniens seraient soumis à des restrictions de déplacement.
Vendredi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait déclaré « regretter profondément » la décision des Etats-Unis. « La pleine participation de toutes les délégations aux travaux de l’ONU est essentielle à son bon fonctionnement », avait ajouté son porte-parole, Stéphane Dujarric.
En réponse à l’interdiction américaine, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté jeudi, par 152 voix contre trois (Etats-Unis, Paraguay et Israël), plus quatre abstentions, une résolution autorisant le président de l’Autorité palestinienne à s’exprimer dans une vidéo préenregistrée.
Washington reproche à l’Autorité palestinienne d’avoir « manqué à ses engagements en faveur de la paix au Moyen-Orient » et d’avoir mené des actions visant « à internationaliser le conflit israélo-palestinien, notamment par le biais de la Cour pénale internationale et de la Cour internationale de justice ». Les Etats-Unis l’accusent aussi « de chercher à contourner les négociations en sollicitant une reconnaissance unilatérale ».
Ils sont ainsi à rebours de nombre de pays, dont la France, qui ont reconnu en 2025 l’existence d’un Etat de Palestine, portant à 142 le nombre d’Etats membres de l’ONU dans ce cas.